Groupe Parents

Vous êtes parent(s) d’un enfant qui vous semble différent•e des autres de par sa personnalité, son comportement… Vous vous demandez s’il/elle pourrait être homo/bi-sexuel•le.

Votre enfant vous a annoncé son homo/bi-sexualité. Vous êtes désenparé•e•(s). Vous vous posez des questions qui restent sans réponse.

A travers des échanges par mail ou téléphone et/ou des discussions individuelles ou de groupe, le Groupe Parents se propose de :

  • permettre à des parents et aux proches de personnes homo/bi-sexuelles de mieux comprendre ce qu’est l’homo/bi-sexualité et ce que leur enfant ou proche peut vivre ou ressentir ;
  • permettre aux personnes homo/bi-sexuelles de mieux comprendre ce que leurs parents ou leurs proches peuvent vivre par rapport à leur homo/bi-sexualité.

Pour directement recevoir les informations du Groupe Parents, notamment les dates des rencontres, il vous suffit d’inscrire votre adresse mail dans le champs ci-dessous et de valider. Pas obligatoire mais conseillé pour l’ organisation.

Mailing list : Pour directement recevoir les informations du Groupe parents, il vous suffit d’inscrire votre adresse mail dans le champs ci-dessous et de valider. L’inscription n’est pas obligatoire. Vous pouvez vous joindre au Groupe parents sans autre, à la date indiquée sur notre site.


Les parents confronté•e•s à l’homo/bi-sexualité, annoncée ou supposée, de leur enfant peuvent ressentir un choc et se sentir démuni•e•s. La plupart se posent les mêmes questions et éprouvent les mêmes angoisses.

Le Groupe Parents souhaite briser l’isolement que l’on peut ressentir face à cette découverte et à ce monde inconnu qui soudainement se présente.

Par des échanges basés sur nos expériences respectives, nous pourrons, ensemble, trouver des réponses aux questions qui vous assaillent et des solutions aux situations qui vous paraissent de prime abord inextricables.

Ce que le Groupe parents souhaite c’est briser l’isolement que l’on peut ressentir face à cette découverte et à ce monde inconnu qui se présente alors.

Au travers d’échanges basés sur nos expériences respectives, nous pourrons, ensemble, trouver des réponses aux questions qui vous assaillent et des solutions aux situations qui vous apparaissent de prime abord inextricables.


Si, pour le moment, vous ne vous vous sentez pas encore prêt•e•(s) à en parler, la présente page peut vous apporter une première aide.

Il ne s’agit pas d’apporter des solutions miracles prêtes à l’emploi ou des réponses toutes faites à vos questions. Cela est impossible : chaque situation est particulière car chaque individu est unique.

La présente page se contente de faire un tour des questions que tout parent confronté à cette situation peut être amené•e à se poser. Le seul objectif est de vous fournir des informations objectives et des pistes de réflexion qui peuvent vous aider, vous et votre enfant, dans vos cheminements respectifs.


Le soupçon / le doute : « Mon enfant est-il homo/bi-sexuel•le ? »

A posteriori, nombre de parents d’homo/bi-sexuel•le•s indiquent l’avoir toujours su ou pressenti. Non pas que cela ait été une évidence dès le départ. Mais certains éléments pouvaient indiquer que leur enfant n’était pas comme les autres. Il est possible que cela soit vrai… ou pas.

Dans ce domaine, évitons les conclusions hâtives. Ce n’est pas parce que votre fils n’aime pas le sport ou qu’il ne collectionne pas les petites amies qu’il est homosexuel. Ce n’est pas parce que votre fille ne porte pas de robe et qu’elle ne parle pas de garçons à longueur de journée qu’elle est lesbienne. A l’inverse, la pratique d’un sport collectif dit « viril » n’indique en rien l’hétérosexualité d’un garçon, pas plus que le port du maquillage et de minijupe n’indique l’hétérosexualité d’une fille. Il est même possible que votre enfant cherche à masquer son homosexualité en adoptant un comportement « au-dessus de tout soupçon ». Consciemment ou non, les jeunes ayant un doute sur leur orientation sexuelle peuvent chercher à se convaincre eux-mêmes et à prouver aux autres qu’ils/elles ne sont pas différent•e•s.

Quel que soit le caractère et le comportement de votre enfant, l’homo/bi-sexualité n’est en rien une conclusion logique ou à exclure. L’homo/bi-sexualité n’est qu’une des possibilités. Il est bon de conserver cette éventualité en tête et montrer à votre enfant votre ouverture d’esprit sur la question à chaque fois que l’occasion se présente. Ainsi, s’il/elle s’avère être homo/bi-sexuel•le, il/elle saura qu’il y a plus de chances que vous l’acceptiez.


Le lourd secret de l’enfant.

Avant de faire son Coming-out [1], votre enfant a vécu sous le poids d’un très lourd secret parfois depuis de nombreuses années.

Ses premiers doutes sont certainement apparus au début de l’adolescence, lorsqu’il/elle s’est rendu•e compte qu’à la différence de ses camarades, les personnes du sexe opposé lui étaient indifférentes. En revanche, ce n’était pas toujours le cas envers les personnes de son sexe. Ou encore que les personnes des deux sexes l’attiraient.

Il/Elle a d’abord nié cette attirance et tout fait pour qu’elle n’apparaisse pas afin de ne pas se démarqué•e. Mais ses sentiments ne changeant pas, il/elle aura fini par mettre des mots sur ce qu’il lui arrivait : il/elle est homo/bi-sexuel•le. Il lui aura fallu du temps pour commencer à l’accepter.

Il n’est déjà pas facile d’être différent•e des autres à cet âge. Mais l’image que la société véhicule de l’homo/bi-sexualité n’arrange rien. En raison de fausses vérités, les homo/bi-sexuel•le•s sont considéré•e•s par certain•e•s comme au mieux inférieur•e•s. Cela n’est pas sans conséquence sur l’estime que les jeunes s’interrogeant sur leur orientation sexuelle peuvent avoir d’eux/elles-mêmes.

De plus, les adolescent•e•s qui sont, à tort ou à raison, identifié•e•s comme homo/bisexuel•le•s, sont parfois victimes d’injures ou de brimades en raison de leur différence et des préjugés liés à celle-ci. Cela peut avoir une influence délétère sur leur humeur, amenant certain•e•s à la dépression, à des idées suicidaires voire à des passages à l’acte. Ainsi, ce n’est pas son orientation sexuelle en elle-même mais l’image qu’on lui donne de celle-ci et à la violence dont ils/elles sont parfois victimes qui poussent certains jeunes homo/bi-sexuel•le•s dans une extrême détresse.

Cette discrimination est une expérience terriblement solitaire pour un•e jeune homo/bi-sexuel•le car, le plus souvent, il/elle ne la partage avec personne de son entourage. Dans le cas d’une discrimination raciale ou religieuse, il/elle aurait pu se tourner vers sa famille, sa « communauté », toutes les personnes qui ont vécu une situation similaire parce qu’elles ont la même couleur de peau ou la même croyance que lui/elle. Dans le cas des homo/bi-sexuel•le•s les choses sont différent•e•s : leurs parents sont hétérosexuels comme toutes les personnes qui les entourent. Du moins c’est ce qu’ils/elles pensent, car les personnes homo/bi-sexuel•le•s sont le plus souvent volontairement invisibles afin d’échapper à la stigmatisation sociale et à la discrimination. Il/Elle a donc le sentiment d’être seulE au monde, en particulier lorsqu’il/elle est confronté•e à des manifestations d’homophobie.

Il serait bon que vous lui montriez que vous l’aimez pour ce qu’il/elle est. Cela lui donnera la force d’affronter bon nombre de situations difficiles s’il/elle sait que vous serez toujours là pour le/la soutenir et lui venir en aide.


« Comment savoir si mon enfant est homo/bi-sexuel•le ? »

A l’adolescence, tous les enfants se posent des questions sur leur sexualité et notamment sur « l’objet » de leur attirance. Il faut les laisser faire leur chemin par eux/elles-mêmes. Leur intimité est à respecter. Cependant, les laisser totalement seul•e•s avec leurs doutes est à éviter. Lorsque la question est abordée (à son initiative ou à la vôtre) vous pouvez de manière générale présenter les différent•e•s orientations sexuel•le•s possibles de manière objective, sans hiérarchie et sans jugement. Ainsi, quelle que soit la conclusion de son chemin personnel, il/elle saura que vous l’accepterez. Vous pourrez alors, s’il/elle le souhaite, l’accompagner dans son cheminement vers la connaissance de lui/elle-même en toute sérénité.

Exiger de votre enfant qu’il/elle vous parle de ses doutes et des ses interrogations est vivement déconseillé. S’il/elle ne vous en parle pas c’est parce qu’il/elle n’est pas encore prêt•e à le faire, qu’il/elle ne l’a pas lui/elle-même totalement accepté et/ou qu’il/elle a peur de votre réaction. S’il/elle n’est pas prêt•e à en parler, il/elle niera et pourrait même s’inventer une vie. Il ne sert à rien de le/la pousser dans ses retranchements sur cette question. Cela ne peut conduire qu’à le/la braquer. Si vous le/la pressez trop, sa peur pourrait alors se traduire par de l’agressivité et/ou un repli sur lui/elle, établissant une distance entre vous.

L’attitude la plus adéquate semble être celle d’une ouverture : lui faire comprendre que le jour où il/elle sera prêt•e à en parler, le jour où il/elle en éprouvera le besoin, vous serez là pour lui/elle. Si vous sentez que le sujet le/la travaille et en particulier si cela semble avoir des conséquences sur son humeur (s’il/elle se renferme sur lui/elle, si ses résultats scolaires sont en baisse, s’il/elle s’éloigne de ses camarades/ami•e •s, s’il/elle a tendance à s’isoler et s’il/elle présente des signes de tristesse voir de déprime) rien ne vous empêche de lui tendre des perches pour qu’il/elle vous en parle. Bien au contraire, si vous abordez la question de l’homo/bi-sexualité de manière générale, c’est-à-dire sans diriger la conversation sur son cas personnel, cela lui montrera votre ouverture d’esprit et le rassurera sur votre réaction le jour où il/elle sera prêt•e à vous en parler. Cela pourrait même provoquer le coming out. Mais au final, il semble préférable que l’amorce de la discussion à son sujet et a fortiori de l’annonce de son homo/bi-sexualité vienne de lui/elle.


Le coming out / la certitude : « Mon enfant est homo/bi-sexuel•le ! »

Le moment de l’annonce est éprouvant pour tous.

Pour l’enfant, car c’est un moment où il/elle se met à découvert. Il/elle abandonne ce secret derrière lequel il/elle s’était réfugié•e. Il/Elle sort de ce placard qu’il/elle a construit pendant des années pour se protéger. Pour lui/elle, vous ouvrir la porte n’est pas simple parce qu’il/elle ne sait pas quelle sera votre réaction. Dans ce type de situation, les jeunes ont tendance à envisager le pire et, dans le cas présent, ce qu’il/elle redoute c’est le rejet. Ils craignent qu’en raison de cette différence vous l’aimiez moins voir plus. Il/Elle peut également avoir peur de vous décevoir, de ne pas être l’enfant que vous espériez, de ne jamais correspondre à ce que vous attendiez de lui/elle.

L’enfant que vous aimiez reste le même, il/elle a simplement voulu partager avec vous une part jusque-là secrète de sa vie. S’il/elle le fait c’est qu’il/elle tient à vous, qu’il/elle souhaite que vous le/la connaissiez et que vous l’aimiez pour ce qu’il/elle est. C’est une preuve de confiance et d’amour, cela montre qu’il/elle souhaite que vous restiez impliqué•e•(s) dans sa vie. Il serait bon de le/la rassurer et de lui faire comprendre que l’amour que vous éprouvez pour lui/elle est inconditionnel.

Pour un parent, découvrir l’homo/bi-sexualité de son enfant est toujours un choc. On n’y est jamais totalement préparé•e•(s) et souvent pas du tout. Dans ce genre de situation, on ne maîtrise pas toujours ses réactions et ses paroles. La première réaction est importante, en particulier pour l’enfant, mais elle ne conditionne pas forcément le devenir à long terme d’une relation. Si, sous le choc de l’annonce, vous avez eu une réaction trop vive ou des propos que vous regrettez ensuite, le dialogue avec votre enfant vous permettra de vous en excuser, d’expliquer votre réaction par le choc ressenti et de rétablir un rapport sain avec votre enfant.

Le choc ne tient pas tant au fait que son enfant soit homo/bi-sexuel•le, qu’à l’image que l’on a de l’homo/bi-sexualité, des homo/bisexuel•le•s et des difficultés qu’ils/elles pourraient rencontrer dans leur vie. Notre réaction n’est pas tant liée à l’orientation sexuelle de son enfant qu’à la peur de ce que cela pourrait impliquer pour lui/elle.

Il y a déjà la peur de la violence et du rejet dont sont, encore trop souvent, victimes les personnes homo/bi-sexuel•le•s. Les parents souhaitent instinctivement protéger leur enfant de toute source de danger. L’homo/bi-sexualité pouvant être un motif d’exclusion voire de haine, cela génère de l’angoisse. Face à cela, assurez votre enfant de votre soutien. Ainsi, si jamais il/elle venait à être confronté•e à une telle situation, il/elle aurait la certitude que vous serez là pour lui/elle et cela lui apportera la force pour y faire face.

Mais qu’est-ce qu’être homo/bi-sexuel•le ? C’est simplement être une personne sentimentalement et physiquement attirée, exclusivement ou non, par une personne de son propre sexe. Etre homo/bi-sexuel•le, c’est vivre l’amour autrement, mais cela n’en reste pas moins de l’amour.

Pourtant, l’image que la société véhicule est bien loin de cette définition. Les préjugés sur l’homo/bi-sexualité sont nombreux : hypersexualité, instabilité affective, solitude, SIDA… La vérité est beaucoup plus diverse et fort heureusement souvent moins sombre (cf. ci-dessous).

Vous n’êtes pas face à unE homo/bi-sexuel•le, un•e étranger•e, mais face à votre enfant qui est homo/bi-sexuel•le. Ce n’est qu’en dialoguant avec lui/elle que vous pourrez savoir ce qu’est la réalité de sa vie. Vous ne pourrez évidemment pas tout savoir. Comme tout un chacun, votre enfant a droit à son intimité et il est bon de la respecter.

Avant de vous en parler, votre enfant a dû accepter son orientation sexuelle et cela pu s’échelonner sur plusieurs années. Vous allez désormais faire votre propre chemin sur la question et celui-ci peut également prendre du temps.

En vous annonçant son homo/bi-sexualité, votre enfant a également remis en question tous les projets que vous aviez pour lui/elle. Mais la vie des enfants, qu’ils/elles soient homo, bi ou hétéro, ne correspond que très rarement à ce qui était prévu par leurs parents. Le plus souvent ces inadéquations avec les projections parentales se font au fur et à mesure de l’évolution de l’enfant. Dans le cas présent, l’homo/bi-sexualité de l’enfant chamboule tout d’un seul coup. Les parents doivent donc faire le deuil de cet « enfant imaginaire », de cette vie, forcément hétérosexuel•le, qu’ils avaient prévu pour lui/elle. Mais pour un parent, le plus important est-il que son enfant suive le chemin qui a été prévu pour lui/elle ou qu’il/elle trouve sa voie, celle qui le/la conduira au bonheur ?

Si votre enfant a décidé de vous parler de son homo/bi-sexualité c’est qu’il/elle en éprouvait le besoin. Pour lui/elle, il était important que vous le sachiez. Nous, parents, avons reçu cela comme une preuve d’amour, de confiance et nous a permis de poursuivre sur cette vague positive pour continuer à construire avec nos enfants une relation solide et saine enfin débarrassée du poids du secret et de la dissimulation.


« Pourquoi est-on homo/bi-sexuel•le ? » La question de l’origine et la culpabilité.

Il n’y a à ce jour aucune explication scientifique expliquant la détermination de l’orientation sexuelle (homo, bi comme hétéro-sexuel•le). Depuis bien longtemps, bon nombre de scientifiques ont cherché et d’autres cherchent encore aujourd’hui LA cause de l’homo/bi-sexualité.

    • Innée ou acquis ?

Les recherches sur une cause innée (essentialiste) de l’homo/bi-sexualité ne sont pas concluantes. Que ce soit les recherches d’un gène de l’homo/bi-sexualité ou celles portant sur une autre cause biologique (hormones, chimie ou anatomie du cerveau) aucune n’a apporté de résultat incontestable.

Le courant existentialiste, c’est-à-dire celui d’une origine acquise de l’homo/bi-sexualité, n’est pas plus concluant. Les explications psychiatriques et/ou psychanalytiques cherchant une cause dans le développement de l’enfant, influencé par son éducation et l’environnement dans lequel il/elle a évolué, sont largement remises en cause pour ne pas dire totalement infirmées. D’ailleurs, l’homo/bi-sexualité n’est plus considérée comme une pathologie mentale au niveau international.

L’explication ne semble donc pas se trouver dans la biologie pas plus qu’elle ne se trouve dans l’éducation. Un père absent, une mère trop présente, les attitudes parentales à certaines situations (trop laxistes ou trop sévères)… rien de tout cela ne semble constituer une réponse à la question de l’origine de l’homo/bi-sexualité d’une personne.

Les facteurs déterminant l’orientation sexuelle restent donc inconnus. La seule chose qui semble être acquise c’est qu’il n’y a pas de responsable (et encore moins de coupable) à désigner. Ce n’est pas plus la « faute » des parents que celle de l’enfant homo/bisexuel•le.

    • «  Peut-on changer son orientation sexuelle ? »

Une certitude qui se dégage des recherches du passé, c’est que l’orientation sexuelle n’est en rien un choix et qu’elle ne saurait être modifiée.

Tous ceux qui s’y sont essayés ont échoué. La psychanalyse, les traitements hormonaux, les électrochocs et autres lobotomies sont restés sans résultat sur ce point. Là où la science a échoué, la religion n’a guère été plus efficace : les prières, les exorcismes et autres cures de « guérison » par la foi ne sauraient agir sur l’orientation sexuelle.

L’orientation sexuelle n’est que l’une des nombreuses facettes qui définissent une personne et une personnalité. Rechercher une cause de l’homo/bi-sexualité indique une volonté de comprendre la genèse de l’orientation (homo)sexuelle et peut-être par là un moyen de la changer. Mais pourquoi vouloir changer cela ? En quoi le fait d’être homo/bisexuel•le serait-il une tare qu’il faudrait « soigner » ? L’orientation sexuelle ne conditionne pas l’épanouissement d’une personne, ni son accession au bonheur.

Il n’y a rien à comprendre, aucune cause ni aucun responsable à rechercher. Continuez à aimer votre enfant et à l’accepter comme il/elle est.


« L’homo/bi-sexualité est-elle acceptable ? »

    • L’homo/bi-sexualité est-elle naturelle ?

L’homo/bi-sexualité n’est pas propre aux être humain, elle est également présente dans tout le règne animal.

Cf. Biological Exuberance : Animal Homosexuality and Natural Diversity Bruce Bagemihl .

D’un point de vue éthologique, l’homo/bi-sexualité est donc tout aussi naturelle que peut l’être l’hétérosexualité. C’est un modèle relationnel parmi d’autres, aucun n’étant supérieur ou inférieur à l’autre.

    • « L’homo/bi-sexualité est-elle une mode de l’occident contemporain ? »

Les recherches historiques et anthropologiques démontrent que l’homo/bi-sexualité a toujours existé en tout temps et en tout lieu. La seule chose qui varie en fonction des régions et des époques c’est la manière dont l’homo/bi-sexualité est perçue et acceptée par la société.

    • « L’homosexualité est-elle un péché ? »

Pour ce qui est des femmes homosexuel•le•s, la chose est simple. Les textes religieux n’évoquent pas les amours lesbiens et encore moins les actes saphiques.

Pour ce qui est des hommes, les prescriptions n’évoquent pas les sentiments ou l’attirance qu’un homme peut avoir pour un autre. Elles ne s’intéressent qu’aux pratiques sexuel•le•s entre homme ou plus précisément à la sodomie. Il ne s’agit pas d’une condamnation, mais simplement d’une recommandation. La sodomie, comme la masturbation, ne permettant pas la procréation et donc l’accomplissement du seul rôle que ces textes attribuent à la sexualité.

Par ailleurs, les textes et leurs interprétations édictent un autre précepte : ce n’est jamais l’être qui est condamnable, seuls ses actes peuvent l’être. Ce jugement n’est pas celui des hommes mais celui de Dieu.

Mais avant tout, les textes canoniques ne sont pas des écrits univoques. Ils doivent être interprétés. Ainsi, au cours des siècles, la lecture qui en a été faite a évolué en fonction des changements de société. Ce processus doit se poursuivre. A chacun de trouver sa voie dans la parole de Dieu.


Attention aux préjugés et aux idées reçues.

    • Un choix / une phase.

A l’adolescence tous les enfants s’interrogent sur la sexualité et notamment sur leur orientation sexuelle. L’homo/bi-sexualité est souvent perçue comme une phase passagère par laquelle passent tous les adolescents. Par phase, on entend une étape temporaire dont l’enfant sortira en grandissant. Mais si votre enfant vous fait part de son homo/bi-sexualité c’est qu’il/elle est relativement sûr de lui/elle et qu’il/elle a déjà fait un long chemin. Il/Elle ne l’a pas choisi, il/elle s’est seulement résolu•e à accepter cette facette de son identité.

Il ne sert à rien de vouloir changer votre enfant, cela est impossible. Comme lui/elle, acceptez cette réalité comme un fait.

    • L’influence de mauvaises fréquentations.

Certains parents pensent que leur enfant est homosexuel en raison d’une (mauvaise) influence. Peut-être celle d’un partenaire qu’il a rencontré. Si les sentiments amoureux qu’il a éprouvés pour une personne du même sexe ont pu apporter à votre enfant une certitude quant à son orientation sexuelle, ils ne sauraient avoir influencé celle-ci.

    • Garçon efféminé vs Fille camionneuse.

Ce n’est par parce que votre enfant est homo-bi-sexuel et qu’il l’assume qu’il va changer du tout au tout. Il ne faut pas croire que tous les homosexuel•le•s se ressemblent et correspondent à l’image stéréotypée qui nous est donnée d’eux. Tous les gays ne se griment pas en femme à la nuit tombée et toutes les lesbiennes ne travaillent pas dans le transport routier.

Il y a autant de façon de vivre son homosexualité, ou son hétérosexualité, qu’il y a d’individu.

    • « Les homosexuel•le•s sont peu nombreux/ses ! »

D’après les recherches, les personnes se définissant comme homo/bi-sexuel•le•s représentent 5 à 10% de la population. Ils sont donc effectivement largement minoritaires au sein d’une société majoritairement hétérosexuelle.

Pour autant, même en considérant la fourchette la plus basse, cela représente un nombre non négligeable de personnes. Cela signifie qu’au quotidien nous côtoyons toutes et tous des personnes homosexuel•le•s, souvent sans le savoir.

La question serait alors de savoir pourquoi sont-ils invisibles ? D’une part, parce que l’orientation sexuelle d’une personne ne se lit pas sur son visage. D’autre part, parce que bon nombre d’entre elles préfèrent garder cet aspect de leur vie le plus discret possible. Non pas qu’elles en aient toutes honte. C’est simplement afin de se prémunir de la stigmatisation sociale et des discriminations éventuelles qui sont encore nombreuses aujourd’hui.

La manière dont une personne vivra son homo/bi-sexualité est très largement conditionnée par son environnement. Une personne ouvertement homo/bi-sexuel•le et aimée des siens (famille et amis) pour ce qu’elle est, la vivra beaucoup plus sereinement. Cela lui donnera la confiance en soi nécessaire pour aborder le monde extérieur parfois hostile.

    • Hypersexualité

Tous les homosexuels n’ont pas une sexualité débordante et débridée ! L’homo/bi-sexualité est avant tout une question de sentiment et d’attirance, pas uniquement une histoire de sexe. Le fait d’être homo/bi-sexuel•le n’est pas forcément synonyme d’une libido surdimensionnée.

En tant que parent, vous transmettez à votre enfant, homo ou hétéro, vos valeurs quant à l’amour, la relation à l’autre et le respect de soi. Cela s’accompagne également d’un message de prévention. Mais tout ceci doit se faire sans jamais vous immiscer dans leur vie privée. Si votre enfant éprouve le besoin d’aborder la question de ses relations amoureuses et/ou sexuel•le•s avec vous, il le fera. Comportez-vous comme n’importe quel parent et rester à l’écoute de ce qu’il aura à vous dire sans aller au-delà de ce qu’il/elle souhaite aborder.

    • Garçon / SIDA

L’une des principales peurs liées à la sexualité gay est la transmission des IST (Infection Sexuellement Transmissible) et en particulier du VIH/SIDA. Il est indéniable qu’aujourd’hui en Suisse la population homosexuelle masculine est la plus touchée. Mais elle est également celle qui œuvre le plus pour lutter contre la propagation du virus. Le rôle de tous les parents est alors de veiller à ce que son enfant, homo comme hétéro, soit parfaitement informé des modes de transmission et du seul moyen de se protéger : l’utilisation correcte du préservatif. Si vous ne vous sentez pas apte à l’informer adéquatement sur la question, vous pouvez lui conseiller de s’adresser à un organisme œuvrant dans ce domaine ou bien lui transmettre la documentation idoine en lui expliquant qu’il y trouvera tout ce qu’il doit savoir.

    • Fille / Gynéco

Une autre idée reçue est que les lesbiennes n’ayant pas de sexualité avec des hommes n’ont pas besoin d’un suivi gynécologique. Certes la pilule contraceptive est superflue mais ce n’est pas parce que votre fille est lesbienne qu’elle n’a pas besoin d’un examen annuel. Par ailleurs, si les femmes homosexuel•le•s sont généralement moins touchées par les IST (Infections Sexuellement Transmissible), elles n’en sont pas totalement à l’abri.

    • Les homo/bi-sexuel•le•s sont des personnes solitaires.

Le fait d’être homo/bi-sexuel•le n’est pas forcément synonyme de solitude. Les homo/bi-sexuel•le•s étant minoritaires, il peut être plus difficile de trouver le/la partenaire qui nous convient. Toute fois, bon nombre d’homosexuel•le•s parviennent à construire une relation de couple stable et épanouissante. Aujourd’hui ces couples sont d’ailleurs reconnus par la société et peuvent profiter d’une couverture juridique de leur union par l’intermédiaire d’un partenariat enregistré [2].

    • Les homo/bisexuel•le•s sont des personnes malheureuses.

Corolaire de la condamnation à la solitude, l’homosexualité serait synonyme de tristesse et de malheur. Il faut bien comprendre que l’orientation sexuelle n’influence pas en soi l’accès au bonheur. Ce n’est pas le fait d’être homosexuel•le qui impliquerait intrinsèquement d’être malheureux. C’est d’avantage le fait d’être rejeté•e et/ou discriminé•e et/ou violenté•e (ou la peur de l’être) en raison de son orientation sexuelle qui conduit à la tristesse. Une personne homosexuel•le évoluant dans un environnement qui l’accepte pour ce qu’elle est peut comme les autres prétendre au bonheur.

    • « Je n’aurais jamais de petits enfants ! »

Au moment de l’annonce de l’homo/bi-sexualité de son enfant, beaucoup de parents pensent qu’ils doivent alors faire une croix sur la possibilité d’être un jour grand parent.

Pourtant les hommes et les femmes homosexuel•le•s ne sont pas stériles ! La parentalité n’est donc pas inaccessible.

Aujourd’hui, de manière « artisanale » ou en recourant à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à l’étranger des femmes lesbiennes ont des enfants. Il existe également des projets de co-parentalité : un gay (ou un couple de gay) et une lesbienne (ou un couple de lesbiennes) peuvent élaborer un projet pour avoir et élever un enfant ensemble.

Si l’on tient compte de l’évolution des sociétés et des législations en Europe, demain en Suisse, les femmes lesbiennes pourront recourir à la PMA et l’adoption sera ouverte à tous. Les associations travaillent aujourd’hui pour que les mentalités et les lois évoluent vers cette égalité des droits.


Le long chemin de l’acceptation.

Une fois le choc de l’annonce passé, commence pour vous, parents, un cheminement d’intégration de cette information. Ce ne sera pas toujours facile et cela peut prendre du temps, comme cela en a pris à votre enfant pour s’accepter entant qu’homosexuel.

L’important c’est de ne pas nier la réalité : votre enfant est homosexuel•le et personne n’y peut rien. Pourtant cela ne devrait en rien modifier votre attitude envers lui, pas plus que cela ne devrait avoir d’influence sur vos sentiments à son égard.

Le sujet ne doit pas devenir tabou mais il ne doit pas non plus devenir le centre de votre relation avec votre enfant. Vous restez son parent et il reste votre enfant. Il est normal que vous vous inquiétiez pour lui mais son orientation sexuelle ne devrait pas être une source d’inquiétudes supplémentaires ni une donnée influençant vos choix concernant son éducation.

De la même manière que n’importe quel parent y est amené à un moment ou à un autre, vous serez confronté•e à la vie affective et sexuel•le de votre enfant. Vous devez vous comportez comme n’importe quel parent, ni plus ni moins. Conservez vos valeurs et les règles qui en découlent indépendamment de l’orientation sexuelle de votre enfant. Si votre enfant vous demande de dormir chez un•e/son ami•e, vous l’y autoriserez si vous le feriez pour un•e autre enfant hétérosexuel•le. Si votre enfant vous demande s’il/elle peut inviter son ami•e (à la maison ou à l’occasion d’une réunion de famille), vous devez vous comporter comme vous l’auriez fait s’il/elle avait été hétérosexuel•le. Ce n’est pas parce que votre enfant est homosexuel•le que vous devez vous comporter différemment de s’il/elle avait été hétérosexuel•le.

Vous découvrirez peut-être des choses que vous ne comprendrez pas. C’est tout à fait normal, vous ne connaissez qu’un seul mode relationnel, le vôtre, qui est hétérosexuel. Tout ce qui relève de l’homo/bi-sexualité et des relations homo/bi-sexuel•le vous est inconnu. Dans ce cas là, faites en part à votre enfant et engagez alors le dialogue avec lui/elle. Au besoin, le Groupe Parents est à votre disposition.


Le Coming-out des parents.

Une fois que l’enfant a fait l’annonce à ses parents et ses frères et sœurs, se pose alors pour eux la question de diffuser ou non l’information à la famille élargie, aux amis de la famille, à leurs collègues de travail et à leurs connaissances.

Il est légitime de s’interroger sur les réactions possibles notamment des personnes connues pour être le moins ouvertes sur ces questions, parce qu’elles ont connu une époque où l’homo/bi-sexualité était encore plus dénigrée qu’aujourd’hui ou en raison de leurs croyances morales et/ou religieuses.

Il est peut-être plus simple pour les proches d’accepter car ils connaissent l’individu pour ce qu’il est, bien au-delà de sa seule orientation sexuelle.

Ne prenez pas l’initiative de l’annonce à un tiers. Celle-ci ne doit se faire qu’avec l’accord de l’enfant. Si vous deviez le précéder sur ce point, il pourrait vous le reprocher. Abordez la question avec lui et demandez-lui à qui vous pouvez en parler ou non.

Ainsi, si votre enfant souhaite pour le moment rester discret et si l’on vous pose une question : ne mentez pas en lui inventant une vie qu’il n’a pas. Contentez-vous de rester évasif sur le sujet (« Je ne sais pas, il/elle est discrèt•e sur sa vie amoureuse »).

Vous vous rendrez compte que progressivement, au fur et à mesure que votre enfant avancera dans sa propre acceptation, vous pourrez en parler à de plus en plus de personnes.

De même, en avançant dans votre propre cheminement, vous aborderez la question avec de plus en plus de facilité. Ainsi, à l’éternelle question de savoir si votre fils à une petite amie (ou un petit ami pour votre fille), vous pourrez répondre avec le plus grand naturel que non, mais qu’il a un compagnon (ou une compagne).

Evitez d’avoir honte de votre enfant. Ce n’est pas parce qu’il/elle est homosexuel•le qu’il/elle vaut moins qu’un•e autre.

Si jamais vous veniez à être confronté•e à une réaction négative, voir hostile, gardez à l’esprit que les mentalités évoluent, alors que votre enfant lui/elle restera toujours ce qu’il/elle est. Si l’on ne choisi pas d’être homosexuel•le, on choisit d’être homophobe ou du moins de le rester. Si une personne rejette violemment votre enfant parce qu’il/elle est différent•e, est-ce une personne avec laquelle vous désirez rester proche ? Pendant un temps, un peu de distance laissera l’espace à la réflexion. Si ces personnes vous aiment réellement, vous et votre famille, elles renonceront à leurs préjugés et reviendront vers vous.



PDF - 10 Mo
Affiche Groupe Parents
Cliquez sur l’image pour télécharger l’affiche
© Green Graphic

[1] Coming Out : fait pour une personne d’annoncer son homo/bi-sexualité ou celle d’un proche à une tiers personne

[2] Partenariat enregistré : union entre personnes de même sexe crée par une loi votée en 2005, la Lpart


Rencontre Parents

Rencontre entre parents....


© Vogay | Dernier ajout : dimanche 25 septembre 2016 | | Plan du site
g