Témoignages

Vous trouver ici les témoignages de garçons et de filles qui sont passés par le groupe et qui y décrivent leur passage mais aussi une part de leur vie.

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Le témoignage d’un Garçon de 17 ans

25.07.2011

Voilà déjà plus neuf mois que j’ai osé franchir le pas de porte de VoGay, mais ça semble encore tout neuf !

C’était au début de la deuxième année du gymnase. J’étais arrivé à l’avance et il n’y avait encore personne chemin des Epinettes 10. J’ai hésité à rester. Surtout que c’est juste à côté de la gare... Et je me suis dis « Merde, je n’ai pas fait tout ce trajet pour rien. » Et ça n’a pas été pour rien. Après quelques semaines d’effet VoGay, j’annonçai « J’aime les garçons » à ma grande sœur...

Et le cinéma à l’Oblò, ça vaut le coup ! C’est là que j’en est rencontré un de garçon. Je l’aime. Une rencontre inattendue car j’y était aller vraiment pour me changer les idées. Du coup peu après je présentais mon Tessinois à mes parents. Je savais que ces derniers apprendraient la nouvelle comme si je leur avais révélé une petite amie. Cela ne m’avait pas empêcher de me faire du mouron durant des années et de ne pas m’accepter tel que la nature m’a fait au point de sortir avec une fille des mois durant. Cela ne m’a empêché non plus d’avoir des amis homophobes.

Seulement aujourd’hui, c’est différent. Je gère de mieux en mieux, et sereinement, le choix d’assumer mes sentiments !

Merci à Florent et aux autres


Le témoignage d’Anthony

26.12.2004

Moi je vais aussi vous racontez comme j ai découvert que j ai été gay. Quand j étais petit je pensais déjà au homme. Mais je savais pas que c était mal ou que j était gay. Mais je l a jamais dis.

Puis les années se succédèrent, et plus pour moi cela voulais dire que j étais gay. Mais je n arrivais pas et je n osai pas l avouer. Pour moi, je me disais que dans quelque mois ou année il se passerait quelque chose dans ma vie qui me ferait changer d orientation. J ai même failli rencontré un homme pour couché avec et pour peut être dégouté. Mais j avais trop peur...

Et maintenant je pense que je suis gay, même si je l accepte pas bcp. Je pense aux mecs, et c est maintenant que je sais que je suis réellement gay. De chercher des mecs par net pour amour, ben ca me l a malheureusement prouvé...

Anthony


Le témoignage de my name is...

20.12.2004

je vais vous raconter comment j’ai compris que j’étais lesbienne... c’était l’année passée, j’avais les cours tous les mercredi. Je regardais souvent les filles, mais je me posais pas de questions. premier jour de classe, je remarque tout de suite une fille... peut-être à cause de sa façon de s’habiller (garçon manqué). un sentiment m’envahit. J’avais envie de lui parler, de devenir son amie. les jours passent, je l’observe, elle m’attire, mais je pense que c’est parce que je voudrais lui parler et juste qu’on devienne amie. Elle parle aux autres, mais pas à moi. Quand elle parle aux autres, je ne suis jamais loin, et j’écoute, discrète.

Un jour, je suis dehors à la pause, avec les autres et elle, elle parle. et tout d’un coup, elle parle d’une fille qu’elle a remarqué à une soirée gay, comme si c’était normal et moi je la regarde, étonnée... soudain elle me dis "ouai parce que je suis gay... ca te dérange pas ?" et moi je commence à trembler et dit "Euh... non, tu sais je suis ouverte... Euh..." et elle continue son histoire. Moi j’ai du m’assoir ! les mois passent, je la suis toujours et on commence gentiment à se rapprocher à devenir amies, j’attends les mercredis comme si je partais en vacances, au pays des étoiles... parfois on va manger ensemble, parfois on va même manger chez elle.

Un jour à la pause, elle sort son natel et me montre un photo d’elle en train d’embrasser une autre fille et me dis "t’as vu j’adore cette photo... là c’est ma copine !" avec un grand sourire. et moi "Ah ouai vous êtes chou..." mais je venais de recevoir une monstre baffe ! (je me suis même pas rendue compte de la déception que je ressentais, c’est en y repensant maintenant que je m’en rend compte) les jours passent, et le dernier jour de classe avant noël, on était assises à côté et elle me demande si je veux venir chez sa cousine (qui n’est pas la) après les cours pour boire un verre et regarder la TV et discuter et manger un truc... Je lui répond positivement... donc après les cours, on prends son scooter, on va chez ladite cousine qui n’est pas la... on s’installe sur le canapé, on se fais à manger, on mange, on bois un p’ti verre de rosé, on discute et on regarde MTV... à un moment donné je sais plus ce qu’elle me dis, mais j’ai eu envie de la réconforter, alors je lui propose (sans arrières pensées)de se coucher la tête sur mes cuisses et de lui caresser les cheveux (elle m’avais dit qu’elle aimais ca) elle accepte et se couche. je commence à la caresser, elle regarde la TV, mais moi je la regarde et je glisse doucement mes doigts dans ses cheveux mi-longs. La sensation de pénétration de mes doigts dans ses cheveux me fais un effet que je ne connais pas... je sens l’envie monter... une envie que je ne connais pas... un quart d’heure plus tard, j’étais toute mouillée et j’avais les yeux embrumés, elle me propose de me faire la même chose... je me couche alors sur ses cuisse et me laisse faire. elle glisse ses doigts dans mes cheveux et j’en peux plus, mais je n’envisage rien d’autre que de me laisser faire, je ferme les yeux. après quelques minutes, ses mains s’égarent plus dans mes cheveux, mais sur mon visage, elle me regarde, je le sens. ses doigts parcourent mon visage et se posent sur ma bouche, je fais mine de ne pas les sentir. soudain, elle mets sa main dans mon cou et descend sur ma poitrine, je respire fort, et lui prend la main pour la poser sur mon sein. je ne sais plus ou j’en suis, je la regarde et monte ma tête jusqu’à la sienne et l’embrasse avec passion. mon cœur explose. je n’ai jamais été aussi excitée. c’est la que j’ai compris... j’aimais les femmes...


Le témoignage de Jess

04.12.2004

Moi j’ai 15 ans et je suis lesb du moins ce que je crois, je ne l’assume pas encore. je me suis fendue a une des réunion de Vogay que j’ai trouvé super sympa. Le plus dure c’était d’y entrer mais après on y ait on discute.

Bon cette fois c’était une prévention contre le sida. Y’avait pas grand monde. Mais on a pu des questions... A tous les jeunes bi, gays, lesbiennes, franchement, n’ayez pas peur de venir au soirée. Je vous jure ils ne mordent pas lol. Mais ca pourrait vous permettre de faire des rencontres. ou même résoudre le problème à la question vs savez le petit truc qui vous empêche de dormir.

Bien voilà j’ai tout dit.

Bezooooooooo a toute l’équipe de Vogay

Jess


Le témoignage de Jen

04.12.2004

Ben moi j ai été pour la première fois le 3 décembre à VOGAY et c est génial . Les gens sont tellement chaleureux ! Je les remercie ! bisous a tous et a bientôt

++

Jen


Le témoignage d’Anthony

29.11.2004

Ben moi je m appelle Anthony et j ai15 ans.

Et malheureusement je suis gay.

J’ai bcp de peine a l’accepter, quand je rencontre des mecs sur internet, j ai au bout d un moment un changement d attitude.

Car je me dis que je divague que je suis pas se que je pense.

Surtout que l année passée ce qu on m a fait du mal en me traitant de gay. Moi qui voulais pas me l accepter ca m aidair pas et après une masturbation j ai le sentiment de faire un truc de mal.

Je n ai jamais osé dire ce secret à mes amis et a ma famille, surtout que des fois dans une émission ou il parlait des gays ou je essayai de paraitre le plus naturel possible ma mère a sorti a mon beau père, "heureusement que on est pas concerné par ca ?" ces mots me font trop mal.

Mais j aimerai tellement rencontrer un mec qui pourrait m aider a m accepter. Ben voila au moins je vous aurais marqué mon histoire.

Anthony


Le témoignage de Jérôme

04.09.2004

Bon... je viens de sortir de ma deuxième "réunion" du groupe jeune de vogay, et comme je suis un obsédé compulsif et complètement braqué, je ne trouve rien de mieux à faire que venir sur le site droit après :-P Pour quoi faire ?? ben pour être franc je n’en sais rien. Mais comme je vois que tout le monde y va de son petit témoignage, je me dis que mon histoire n’est pas plus niaise ou plus inintéressante que les autres. (je m’excuse d’avance de mon français qui s’annonce nullissime...mais il est 00h45) ^_^

Ma première relation sérieuse, je l’ai vécue intensément et innocemment. Un amour que je vivais dans le partage de mon goûter et de mon appareil dentaire. Eh oui, à 3 ans je ne pouvais pas faire mieux. Ce qui n’a pas eu l’air de déplaire à ma chère Caro. Puis vint la fin du jardin d’enfant. École enfantine : rien à signaler. École primaire : ma libido s’est totalement endormie. Je passais mon temps à dire des conneries et à me la péter. J’étais l’enfant le plus sûr de lui que j’ai jamais vu (pas très claire cette phrase, je vous l’accorde :-P). 12 ans : cette conne de libido se réveille et elle fera de moi le mal-aimé de ma classe. Ben oui ! Popol a la mauvaise idée de faire le garde-à-vous dans les douches, après le cours de gym. Je n’étais pas vraiment du genre à avoir honte de mes actes, mais là je dois avouer que j’étais quand même un peu gêné. Les 3 ans qui suivent cette scène risible font de moi un monstre : je m’enfonce dans la misanthropie et je n’en ressortirai que...bah à peu près maintenant, soit 6 ans plus tard. Pas besoin de dire que je ne recherchais pas la compagnie de mes semblables qui me traitaient de pd. Donc pas de copain en vue. Côté famille, ce n’était pas le pied non plus. Le jour où ma mère a vu que j’aimais les sites internet à connotation gay, elle m’a posé la question fatidique ("chouchou... tu as qqch à me dire ?") mais petit con que je suis, je réponds gentiment : " t’es chiante à me poser des questions comme ça". Début des ennuis, début des sous-entendus. Je passe les détails puisque tout le monde est sûrement passé par là. Mais un jour, allez comprendre, je ne l’ai plus supporté. Je mets le sujet sur le tapis et leur dit : "papa, maman, je trouve le filles trop chiantes pour en faire mes petites-amies. Les garçons sont mieux." (aaaahh...moi et l’art de la diplomatie). Vlan une claque de papa, et vlan un mutisme assourdissant de maman. Tout était dit. Depuis lors, le sujet n’est plus le bienvenu et franchement ma joue ne s’en porte que mieux. Je grandis, damoiselle libido ne me lâche plus, je rencontre de parfaits conna*** via le net. Mais je m’en foutais, vu que j’étais toujours misanthrope, et que je n’avais pas l’ambition de faire un remake des dialogues de Socrate : je savais me contenter de tirer un coup. Le brave autiste que j’étais. Puis je rencontre mon futur copain. 3 mois très bien, qui s’achèvent par un SMS immonde. De quoi me redonner confiance en l’être humain. Le mal est fait : je suis depuis lors incapable de m’engager. Une fois le stade sexuel passé, j’envoie balader. 2 gars super en ont fait les frais (les autres sont quantités négligeables). Le premier l’a mal vécu, et je le comprends, le deuxième l’a plutôt bien pris...enfin je crois. Il faut dire que j’ai eu la sagesse de ne pas coucher avec lui.

A présent, j’ai toujours un peu de mal à m’intéresser aux gens, je suis un peu trop indépendant, je ne m’engage que rarement dans une cause, je suis d’une superficialité affligeante et je ne rêve que d’une chose : partir aux confins de la galaxie (et j’emme*** ceux qui pensent : "ben qu’est-ce que t’attends ? vas y !":-P). Mais je travaille pour devenir quelqu’un de meilleur, même si dans le fond je m’en fous (un vieux réflexe. Je suis incorrigible :-P). Rassurez-vous, ça ne m’empêche pas d’être sympa. Enfin je crois. A vous de juger si le cœur vous en dit.

Je remercie papa et maman, sans qui je ne serai pas là, mon chien qui m’a été d’un grand secours dans les moments difficiles, mon frère et ma sœur qui se sont montrés si...transparents (j’ai toujours rêvé de débuter ainsi mon discours lors de la remise des Oscars du meilleur acteur). Et bien sûr je remercie tous les lecteurs de ce message qui auront supporté mon trip Cosette jusqu’au bout.

Jérôme

PS : je sais que ce message est long, mais vu que le salon n’est pas bondé, ca serait sympa de ne pas l’effacer tout de suite, cher monsieur l’administrateur.


Le témoignage d’Elodie alias DarkGirl

30.08.2004

Ben voila moi c est Élodie, j ai 15ans et j suis lesbienne, en fait c est un peu comme beaucoup de fille, j ai jamais été très féminine, toujours a trainer avec les mec et jusqu’à y a encore 6mois a essayer de me persuader que j’etais hétéro... Bref c est comme beaucoup d’histoire, banal dirai je, quoi que rien n est jamais vraiment banal...

Et pis y a 6 mois j ai pris mon courage a deux mains et j ai avouer a mes ami que j’étais homo et que j’etais amoureuse d une des meuf et la c est la qu a été la fin de ma vie paisible de fille "normale"...

Je me suis dis qu’ils etaient assez grands pour comprendre et qu’ils comprendraient, et ben pas du tout, y l’ont tous mal pris et y ont cru que du jour au lendemain j allai leur sauter dessus, ou les violer j sais pas, quoi qu il en soit maintenant je ne veux plu entendre parler d eux et eux non plus...

J ai changer de collège et j espère que cette année ne sera pas comme la précédente et que les gens comprendront un peu mieux...

2nd Le témoignage d’elodie

06.12.2004

Bon moi c es darkgirl, j ai déjà utilisé cet espace il y a quelque temps pour dire a quel point je me sentais mal et a quel point mon homosexualité me gênait...

Puis j ai rencontré 2 filles et ça a changer ma vie... Vendredi 3 décembre nous sommes allée les trois a VoGay, a la soirée convivial et même si le 1er pas pour entrer dura tres longtemps, on y es entrer et cetait vraiment cool après... Voila y a qu une chose a dire : VIVE LA PROCHAINE FOIS !!!

Élodie.


Le témoignage de Julie

12.07.2004

Par où commencer ? En fait lorsque je pense à mon enfance, plusieurs signes furent annonciateurs de mon homosexualité...

J’étais pas super féminine niveau fringue, j’aimais bien joué avec des voitures et j’embrasse certaines de mes copines en cachette car je savais que c’était "mal"...

J’ai, par la suite très mal vécu mes années de collège car, même si j’étais très entourée, ce secret me pesait un peu trop... Mais lorsque je suis arrivée au lycée, ce fut "the liberation" !!!!je me suis habillée comme je voulais, en "gothsaltin"(c’est un mélange de gothique,et de saltimbanque..), je me suis faite pas mal de friends et j’ai tout dit...et c très bien passé..

Mes parents sont au courant,(ils s’en foutent royalement)et tous les gens que j’kiff le savent(bon ok sauf une de mes grands mères...ça la tuerait sur place...)Mais c facile pour moi, ma cousine adorée c découverte il y a pas longtemps lesbienne et elle vit avec sa cop que j’adore, donc j’suis pas le vilain pti canard de la famille...du moins pas le seul...

maintenant j’ai même trop tendance à afficher ma différence...j’y peu rien j’en suis gavé fière et le mieux c que de part cette fierté, les gens ne me cataloguent pas comme la lesbienne de service...et puis j’suis pas non plus une caricature avec le crane rasé, à marcher ou parler comme un gars.. désolé j’suis aussi fière d’être une fille..

Non sérieux je vais sur mes 17ans, j’sui p’t’être en ce moment célibataire mais j’ai trop pas honte, deux femme ensemble c’est merveilleux et comme dirait Fanny Ardant "l’amour entre deux femmes n’a rien de choquant, c’est même un plaisir que vous devriez essayer, pour vous laver des hommes..." Soyez fiers d’être pd, gouines, homos, gaudous, lesbiennes,et gays ! oui tout ça à la fois ;-) !

Julie


Le témoignage de Zoé

07.07.2004

Mon histoire est un peu chaotique, mais je vais tenter de la mettre le plus clairement possible par écrit(et c’est pas facile !).

J’ai toujours été un garçon manqué. Je jouais avec les garçons, me bagarrais, détestais les "trucs de files" et voulais devenir papa (si,si !). Ça allait très bien jusqu’à ce que j’aie à peu près onze ans. Là les autres garçons, enfin les copains quoi, ne voulaient plus de moi dans leur bande parce que j’étais une fille. C’est comme 4a que je me suis posé la question :"Mais, suis-je une fille ??????" La réponse a longtemps été :" Bien sûr que non ! Tu es un garçon comme les autres !" Et puis il y a peu je me suis faite à l’idée de me "résigner" à être une fille. Évidemment je me suis dit : "Puisque tu te "change" en fille autant faire d’une pierre deux coups et devenir hétéro." Mais,si j’ai réussi à force de volonté à être une fille, impossible d’être attirée par les garçons ! Sur ce point rien a faire et j’ai d’ailleurs très vite abandonné.

Me voilà donc à quinze ans prise d’une soif de liberté sexuelle. Envie de petite-copine, de vivre "au grand jour", etc... Mais j’ai la nette impression que si je fais mon comming-out à mes parents, ils vont dire :"C’est normal à son âge elle se cherche, ça va passer, les ados veulent toujours prendre de grandes décisions,..." Je me sens donc obligée d’attendre jusqu’à... dix-sept ans ça fait assez adulte ?

J’ai déjà annoncé mon homosexualité à mon meilleur ami qui a très bien réagi. Pour tenter de rencontrer d’autres homos je vais laisser "filtrer" des informations parmis les copains, mais pas trop je n’ai aucune envie de me retrouver pointée du doigt par la moitié de l’école.

Un de mes principaux problèmes pour rencontrer d’autres homos est que mes parents ne me laissent jamais sortir le "soir" sans savoir précisément où je suis et je me vois mal leurs dire :" Je vais à une rencontre pour jeunes homos..." Bref, durant les vacances je tente de survivre en dessinant des bouquins entiers de dessins académique(oui, c’est chiant, mais non seulement ça exerce super bien et en plus je peux vous assurer que certains nus ne sont pas mal du tout;-).

Bon,si vous avez tenu le coup jusqu’ici je vous remercie de votre patience et je tiens à féliciter Vogay pour ce super site !

Zoé


Le témoignage de la p’tite sabrina

11.05.2004

J’ai bien aimé lire les "témoigages" (j’aime pas ce mot mais bon...) des gens que je connaissais, allez, pourquoi pas moi ?

mais par quoi commencer... y a tellement à dire.

Je me souviens très bien que quand j’étais petite, j’étais toujours amoureuse de ma prof. Changement de classe, changement de prof, changement de destinataire de mes "sentiments". inutile de préciser que mes profs d’école primaire ont toujours été des femmes.

La belle époque, je jouais au foot, je me bagarrais, je détestait les robes et les jupes. Je jouais toujours avec des garçons, et les rares fois ou j’étais avec des filles, et qu’on jouait "au papa et à la maman", je jouais soit au papa soir au fils, bref... on aurait pu croire que j’allais virer trans’ !

ensuite vers 11-12 ans j’ai commencé à être vraiment attirée par une fille. je pensais tout le temps à elle, mais je me retenais de m’imaginer en train de la prendre dans mes bras ou de l’embrasser sur la bouche. j’ai attendu environ une année pour m’imaginer l’embrasser ! je déprimais, je luttais contre mes pensées, mais un jour j’ai cédé et je me suis laissée aller à imaginer tout ce que j’aurais voulu faire avec elle (rassurez-vous, à cet âge c’était pas très hard, inutile de censurer)

c’était un soulagement !!! je me sentais beaucoup mieux ! j’en ai même parlé à mon p’tit frère qui devait avoir.... dans les 10-11 ans, ahah ! il m’a dit qqch de génial. je me souviens pas de la phrase exacte, mais c’est comme s’il me disait "beeeeen tu sais, on dirait que tu le fais pas exprès, alors faut croire que t’as pas le choix" ! précoce en tolérance, le gamin. je pense pas que je me serais acceptée si vite sans lui. je le remercie !

comme j’ai pris confiance en moi sur ce sujet, j’ai un peu crié sur les toits que j’aimais les femmes. 8ème secondaire, âge moyen de la classe, 13 ans et demie. étonnez-vous ou non, j’ai gardé les mêmes amis, j’ai gardé les mêmes ennemis, j’ai juste été de temps en temps traitée de sale gouine par des nanas d’une classe parallèle que je connaissais même pas.

le fait de le crier sur les toits a servi à quelque-chose : je n’avais pas internet et comment rencontrer d’autres lesbiennes quand on a 13 ans ? se les faire présenter ! quelle chance, une fille de ma classe me dit qu"elle a une amie qui se pose des questions, blaaablaaablaaa". une autre fille qui me dit "parait que machine aussi, j’ai entendu des rumeurs, blabla"

c’est à crever de rire mais une des deux filles ma permis de rencontrer quelques lesbiennes et l’autre m’a permis de sortir avec une fille. j’avais pas encore 14 ans, elle en avait 16 et demie, et bizarrement c’est elle qui savait pas trop si elle était un peu bi alors que moi j’étais totalement au clair là dessus, j’étais attirée vraiment que par les filles. Je suis restée un peu plus d’une année avec cette fille.

(...) (...) (...)

maintenant j’ai 19 ans, je vais ressortir la phrase du témoignage de François "entretemps j’ai pas chômé" (j’ai pas rajouté "côté cul" comme lui !) enfin, si j’ai eu ma p’tite période de "chômage" pendant environ une année, quand j’ai déménagé et que j’ai décidé de passer pour une hétéro aux yeux de ma nouvelle classe de gymnase. ça a pas duré très longtemps ^_^ et j’ai encore rencontré d’autres lesbiennes/gays (y avait de quoi faire une gay pride dans ce gymnase ! ça doit être l’air du canton de Vaud)

et on m’a parlé de vogay et un jour j’ai poussé la porte, malgré que mon meilleur ami de l’époque me disait "ohhh je viens pas avec toi on va nous bassiner avec le sida, c’est ceux qui nous font chier aux jungle" et que ma copine de l’époque n’était plus pour longtemps ma copine de l’époque et voulait pas venir non plus, j’ai poussé la porte quand même et....

(roulement de tambour)

j’avais la gorge serrée mais un gentil garçon m’a accueillie, un autre m’a parlé des activités de vogay, et... ensuite un hurluberlu est arrivé et nous a raconté sa dernière sortie de route, et après le gentil garçon qui m’a accueillie m’a dit "prononce pas le mot armée ou on en a pour la soirée à ne pas pouvoir changer de sujet"

bref, des gens sympas, accueillants, tellement normaux qu’ils parlent parfois de l’armée et des voitures, quand ils ont fini de traiter un sujet un peu sérieux.

voilà, c’était long et c’était pas une histoire triste, j’aurais pu inventer 2-3 trucs tragiques pour rendre plus attrayant.

bisous à toute l’équipe

Sabrina


Le témoignage de Jen

16.02.2004

salut ! mo j ai 15 ans j ai rencontré une fille sur vogay (elle se reconnaitra) et en faite je suis vraiment tombée amoureuse d elle mais je sais pas vraiment si oui ou non je suis lesbienne ! comment vous faites pour savoir et comment on se reconnait entre nous ? bisous à tous et bonne chance

Jen.


Le témoignage de Didier

10.08.2003

kikoo ; voila je voulais dire merci à Olivier et sec du groupe des jeunes ça fait plusieurs semaines que j’y vais et c super merci les mec !!!!!! ;-p kiss bye

Didier.


Le témoignage de Charles

19.06.2003

Je ne m’exprime pas beaucoup- comme l’ont remarqué les membres du groupe lors des discussions- mais j ?ai quand même décidé d ?écrire une partie de mon histoire.. même si je ne suis pas sur que soit très intéressant ? et je dédie ce témoignage à un ami qui n ?a pas trouvé le réconfort nécessaire et qui nous a quitté voilà à peu près deux ans ?

Dés la cinquième, j ?ai commencé à regarder les garçons ?sans me rendre compte que j ?étais homo ? et puis en sixième je me suis retrouvé dans une classe où je ne trouvais pas ma place ? isolé, rejeté ? quand j ?y pense, je ne sais pas si c ?est moi qui refusais le contact ou le contraire ? en tous les cas, ce fut une lente descente dans la dépression ? combien de fois ais-je pensé au suicide ? combien de fois ralentis mes pas pour ne pas arriver en avance en classe ? j ?en ai parlé une fois avec ma mère ? pas spécialement réussi ? alors je me suis construit une façade ? flegme, indifférence à tout ? je continuais à pleurer le soir dans mon lit, mais la journée, c ?était comme si tout allais bien ?heureusement les études ont toujours été une passion.. alors je m ?y suis réfugié ? il n ?y avait pas Internet à la maison à l ?époque ? et puis je me suis quand même fait une amie dans ma classe ? une copine plutôt ?ce n ?est que plus tard qu ?elle deviendra une excellente amie ?

Puis enfin la fin du collège ? je me suis rendu compte doucement que j ?étais gay ? et la, je suis tombé dans la meilleure classe de gymnase qu ?on puisse rêver ?. Je n ?étais plus un extraterrestre parce que j ?écoutais de la musique classique et que j ?aimais étudier ?. Je les remercie tous, sans eux, je ne sais pas si je serais encore là ? mon moral est remonté en flèche ? j ?ai accepté le fait que j ?étais gay ? et je l ?ai écris à mon amie du collège ?. Je me souviens de cette lettre qui contenait mon secret ? j ?ai longtemps hésité à la poster ? et puis dans un accès de courage comme il m ?arrive d ?un avoir, je l ?ai fait ? le plus dur ensuite, ce fut d ?ouvrir la lettre de réponse ? premier coming out parfaitement réussi ? je ne m ?attendais pas à cela, elle était très heureuse pour moi ? Et puis ma mère a eu des doutes ? et elle m ?a demandé si j ?étais gay ? timide et peu expressif que je suis, je n ?ai pas pu le dire ? j ?ai répondu que je ne savais pas ?

Un jour mon amie du collège me dit qu’elle connaissait un garçon gay dans mon gymnase ? et je le connais aussi, il vient suivre les cours de grec dans notre classe ? alors elle m ?arrange un rendez-vous ? pour un grand timide comme moi ? ce ne fut pas facile ? mais je l ?ai rencontré, et nous avons discuté ? je me suis senti tellement heureux de connaître un autre gay ? je pensais les gays si rares ? nous avons souvent discuté ? et puis tranquillement je suis arrivé en troisième année ? je me sentais étouffer par ce secret ? alors je l ?ai dit un soir à une amie de ma classe ? il pleuvait ce soir là à la sortie du cinéma ? je l ?ai raccompagnée ? nous étions trempé ? et puis je lui ai fait comprendre ? impossible de le dire directement.. alors je lui ai parlé de Philadelphia (le seul film avec des gays que je connaissais ?) ? et elle a compris ? deuxième coming out réussi ? je me suis senti de plus en plus en confiance ? je l ?ai dit à une autre amie ? et puis je me suis senti très sûr de moi ? et la, ce fut l ?épisode du traditionnel souper de Noël de la classe ? j ?ai été un peu distant toute la semaine précédente ce souper ? et le soir même, je n ?avais pas faim ? et puis au dessert, je me suis levé, ai fait le silence ? et j ?ai juste dit : Je suis gay !? silence mortel, je me suis rassit aussitôt ?.. et merveille.. quatrième coming out réussi ? tout le monde m ?a félicité ? c ?était incroyable ? je les remercie encore ? Alors enfin ? début de l ?année.. ma mère me coupe les cheveux dans la salle de bain, et elle me repose la question ? et là j ?ai juste dit : oui !? je l ?avais fait, je l ?avais dit à ma mère ? et de cinq coming out réussi ?

Il restait le plus dur ? mon père ?un jour j ?ai pris mon courage à deux mains et je lui ais dit ? de manière indirecte ? il a été un peu choqué ? deux ou trois jours d ?incertitude ? et puis finalement il m ?a dit qu ?il fallait que je trouve une association pour rencontrer d ?autres gays ? alors je dis merci aussi à mes parents pour leur amour ? et justement le seul gay que je connaissais du gymnase m ?a emmené à vogay ? début d ?une nouvelle vie ? merci à tous ? voilà, c’était un peu long...

Charles


Le témoignage de Pascal

08.03.2003

J’ai 25 ans, j’ai fait mon coming out au fond de mes 21 juste avant les 22 ouf ! Ce fut génial, depuis j’ai changé ma coupe de cheveux et s’est allé beaucoup mieux. Seulement récemment je me suis remis une fois de plus en question. Je désespérais me croyant sans histoire, étant sûr d’avoir passé à côté de ma vie. Comme Baudelaire, j’aurais voulu dire, ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage traversé ci et là par de brillants soleils, je me culpabilisais de ne même pas pouvoir pleurer.

Et bien c’est faut ! Enfin presque. Pleurer, vibrer, ressentir la vie, vivre et savoir pourquoi, surtout avoir une raison. Autant un bébé pourrait pleurer de ne rien comprendre, l’homme mûr pleure d’avoir compris. Puis, un soir que je sortais seul, à la recherche de je ne sais quelle réponse à ma vie, j’ai fini par rencontrer une personne dans un bar gay. Il me parla d’un livre que j’ai fini par lire. (Des Aveux) Gonzague la Tour de Mossart - Chronique d’une enfance homo.

Ce livre m’a fait repenser à mon vécu, et voici un souvenir que je croyais effacé à tout jamais de ma mémoire. Mais tout d’abord je voudrais préciser que normalité signifie aller avec une femme pour un mec hétéro et coucher avec un homme pour un homo. Au fait les deux sont normaux, l’important c’est d’écouter son cœur et de ne pas se perdre dans la majorité qui oublie la minorité. Majorité qui invoque le besoin d’identité homme -femme. Qu’en est-il de l’identité homo ? L’identité homo ça existe aussi, la société doit nous montrer cette possibilité de façon positive, d’où l’importance de soigner notre image.

Petit extrait de ma crise d’identité homo. Épisode de la vie d’un artiste.

Le soir je me blottissais contre mon duvet, imaginant serrer mon meilleur ami dans mes bras. J’avais 17 ans, il s’appelait Yann et au début je l’avais connu non pour son physique, mais pour ne plus être seul. Puis de plus en plus je me sentais attiré par lui. Jamais nous ne parlions de femme, au fond de moi c’était clair, les femmes ne m’attiraient pas, pour lui je ne savais pas, je ne savais pas qu’il n’était pas homo, maintenant je le sais, mais à cette époque je n’osais pas aborder le sujet, je jouais encore au vrai mec, à celui que je ne suis pas, avec l’idée fixe de rencontrer une femme, de faire l’amour avec, puis de lui dire tu sais je crois que je suis homosexuel. Pourquoi fallait-il que je passe à tout prix par l’étape de la femme ? C’était évident, il le fallait pour dire je suis normal, j’ai fais l’amour avec une femme comme vous tous et maintenant j’ai envie d’autre chose. Raisonnement très étrange, mais je voulais que les choses se passent ainsi. Je m’en serais senti plus justifié et plus à l’aise, j’aurais marqué mon appartenance à la normalité (majorité), puis étant normal, je me serais permis d’essayer l’homosexualité. C’était vraiment la honte, c’était une façon de me blanchir. Mais si intellectuellement il était possible de m’imaginer faire l’amour à une femme, la pratique s’est avérée plus difficile. J’avais beau essayer avec les femmes, mais vouloir quelque chose qu’on ne désire pas est juste impossible, je n’avais pas la motivation de l’instinct hétéro. Le fait que Yann ne me parlait jamais de femme m’arrangeait bien d’ailleurs.

Lors du camp de Musique annuel, 300 jeunes entre 13 et 20 ans se rencontrent et se côtoient durant 2 semaines. C’est le mois d’août, ma libido est à son comble et j’ai peine à contenir mes émotions face à mes camarades du même sexe. Combien d’amis me confient avoir connu leur première copine à ces camps. Cette année je me disais que c’était vraiment le dernier moment pour rester dans la norme, il fallait que je couche avec une fille et que tout le monde le sache. Ce fut terrible. J’y ai effectivement rencontré une fille, qui a dû se poser bon nombre de questions à mon sujet. Nous avons passé une nuit ensemble durant laquelle je n’ai fait que l’embrasser, hanté par d’autres pensées, j’essayais aussi d’imaginer son frère. Le lendemain était une journée consacrée aux activités sportives et quel ne fut pas mon embarras lorsqu’au sauna je me retrouvais assis aux côtés du frère de ma copine. Il était tout simplement magnifique, les mêmes yeux et expressions du visage que sa sœur, un charme irrésistible. Instant sublime, sacré, mais tragique. L’objet de tous mes désirs se trouve à 10 cm de moi. Je plane complètement, j’ai peur de perdre pied, je m’imagine l’espace d’une seconde en train de le toucher. Mais rien de tout ça, j’ose à peine bouger une oreille, je surveille tout, chaque phrase, chaque geste, parfois je ne maîtrise plus très bien, j’ai peur de me planter, si par malheur il venait à comprendre, si par malheur l’insulte de sale pédé venait à sortir de sa bouche, les conséquences en seraient désastreuses, il faut que je m’en protège, je pressens la pointe du couteau qui se plante dans mon cœur, je brûle de douleur, j’ai envie de crier, trop de choses se passent dans ma tête, je rêve qu’il s’approche de moi, qu’il me caresse, me dit tu es mignon, mais rien, je sais que c’est impossible, il ne peut pas être comme ça, surtout ne rien tenter. On a échangé quelques paroles et je suis vite parti de peur qu’il ne perçoive mes sentiments. J’ai pourtant tout fait pour les dissimuler, mais je n’arriverai pas à croire qu’il n’aura rien remarqué. Je me retrouve à l’hôtel, dans une chambre, un groupe de cinq copains me félicitent de ma conquête féminine, il y avait Yann juste à ma droite. Je ne savais plus trop ou j’en étais. Pendant qu’on me parlait de ma copine, qu’on m’enviait, je me sentais rassuré puis sans que je le remarque, mon bras droit s’est glissé dans un mouvement inconscient autour de mon ami Yann. Je suis resté comme ça à écouter les compliments deux bonnes minutes, j’étais bien. Puis soudain Yann me fait : Eh.…je ne suis pas ta copine. Là, je comprenais que mon bras n’entrelaçait pas Sophie, qui n’était d’ailleurs pas là, mais bien mon ami Yann. Mon corps avait pour une fois échappé à ma surveillance et de ce fait trahi mon véritable désir. Le désir de mon cœur. Victime d’un conflit entre cœur et cerveau, ce bras avait décidé pour moi de se poser sur lui. Encore plus surpris que lui, je m’excuse dans un air ahuri. En moi, je sentais mon équilibre se perdre et un simple courant d’air aurait suffit à me faire tomber. Le samedi, il y avait le bal traditionnel du camp de musique. Je pensais retrouver ma copine au bal et danser avec elle. C’est alors que je l’ai vue dans les bras d’un autre mec. Je m’y attendais un peu. Je n’arrivais pas à être un vrai mec, c’était évident, car si c’eût été le cas, cette fille serait restée avec moi… Je commençais à réaliser le poids de mes efforts inutiles. Je me suis mis à pleurer, je n’étais pas du tout jaloux de ce concurrent et ce n’était vraiment pas à cause de lui que j’étais en sanglot, comme la plupart ont dû le penser. Je n’aurais jamais voulu pleurer en public, cette accumulation de circonstance et de non-sens avait atteint son paroxysme, je pleurais ma condition, je pleurais cette suite d’événements qui m’ont mis à l’évidence la complexité de mon existence et l’impossibilité de vivre normalement ce que je ressentais. Je n’ai pas souvenir d’avoir pleuré ainsi à un autre moment de ma vie, ce fut si fort, si sincère, si inéluctable. Non je n’aurais jamais voulu pleurer ainsi, j’avais trop envie de vivre une belle histoire d’amour, j’avais toujours poursuivi mon chemin droit devant, mais là je ne pouvais plus avancer. Je sortais du bal larmoyant devant les yeux de tous, quelque prof me regardant avec compassion mais il était impensable qu’ils comprennent ce qui se passait en moi.

Ce passage fut très important pour la suite de ma vie. Les deux années qui suivirent, je ne cherchais plus du tout à forcer une rencontre avec une femme. D’une part je savais que je n’y arriverais pas, d’autre part il était trop tard pour rentrer dans la norme, je venais d’atteindre mes 18 ans, je n’avais pas eu de copine, il fallait changer de méthode et accepter. J’ai donc déprimé d’avoir raté le plan A jusqu’à mes 20 ans. A 20 ans je me regardais dans le miroir en mimant le geste du suicide. Je perdais la maîtrise de ma vie, comme un conducteur qui oublie sa destination, mais qui continue de rouler. Je ne m’aimais plus, je devenais fou. Trop déçu d’avoir en quelque sorte raté mon adolescence. Puis vient le moment de rentrer à l’école de recrue. Une catastrophe pure et dure, que dis-je, l’horreur. Rentrer à l’armée, à moitié parano schizo, complètement homo mais surtout, encore puceau ! Je m’en suis néanmoins tiré sans de trop grandes séquelles.

Fin de l’armée

Je décide de tenter un appel aux secours. Je pense à ma sœur. Son mec vient de la quitter, on passe plus de temps ensemble et je me décide à lui parler. Morceau lâché, je me sens étrangement revivre, un souffle nouveau m’envahit. Je l’ai dit. Incroyable, j’ai réussi à en parler, moi. Il faut minimiser car ce ne fut pas si téméraire. C’était ma sœur… Mais quand même. Puis cette phrase qui résonne encore : J’ose à peine imaginer ce que tu as dû endurer.

De fil en aiguille, mon Oncle est au courant. Mon Oncle, un personnage si important dans ma vie car homosexuel avoué et averti. Il nous invite chez lui ma sœur et moi, on en parle, puis il me parle du groupe jeune gay. Mon visage s’illumine. Toutefois j’avais encore quelques craintes, allais-je oser pénétrer dans un lieu ouvertement gay.

J’allais peut-être me retrouver avec des plus jeunes que moi qui s’acceptent mieux que moi, qui vivent pleinement leur sexualité et qui me prendraient sans doute pour un arriéré. Comment justifier qu’à 21ans je n’imaginais même pas qu’il puisse exister un milieu gay comportant des mecs de mon âge susceptibles de me plaire. Comment expliquer que j’ai toujours rêvé de mecs depuis l’âge de 11 ans, que je me suis masturbé toutes ces nuits en pensant à eux sans jamais oser l’avouer.

La mort, j’y avais pensé, mais je n’aurais jamais passé à l’acte. Et si je retrouve aujourd’hui la beauté de ma vie, c’est grâce à eux, à leur compréhension, à leurs sourires qui m’ont fait craquer, oui il y a de ça, je ressens encore quelque chose ce n’est donc pas perdu et quand je les vois heureux et accueillants, je ne peux avoir qu’une seule envie, celle de vivre, de continuer d’aimer.

Vie munie d’un décor différent disais-je. Je ne suis pourtant pas catholique mais bien protestant, ni trop riche, ni trop pauvre, j’ai un oncle homo qui s’assume depuis la nuit des temps et qui est l’exemple de la réussite même dans ma famille. Je suis descendant du Saule Pleureur, un fils de garagiste quoi. Mais alors Candide ne serait-il pas né dans le plus beau des plus beaux Châteaux du monde ? N’a-t-il pas reçu la plus belle des plus belles éducations ? A l’école on me reprochait d’être souvent dans la lune. Pourtant, j’ai appris plus de chose sur la lune qu’à l’école. On ma reproché de ne pas assez communiquer. Aujourd’hui un ami m’apprend que j’ai le don de lumière, le don astral, c’est plus rapide qu’ADSL paraît-il. J’assistais impuissant du haut de la lune à ces absurdités. Franchement, j’ai l’impression que l’on ma tout appris à l’envers, qu’on me donnait à boire alors que j’avais faim. Que le temps me laisse remettre de l’ordre, en attendant la Gay power, et que puisse le tuba répandre la stupeur.

Pascal.

En suivant les conseils de ma Mère, Yann et Sophie sont des prénoms d’emprunt, mais ils ont bien existé. Ma mère qui nous disait autrefois « Faites attention avec les écrits car ça reste ! » Et bien moi, ce texte, je l’enverrais bien dans l’espace avec la prochaine navette spatiale (si y’en a une) afin qu’il reste le plus longtemps possible.


Le témoignage de vous allez me reconnaître ?

02.03.2003

Hello toute l’équipe !

Alors, vous allez bien ? Pas trop de boulot ? Je sais pas pour vous, mais moi, je vous envie. Pourquoi ? Parce que tout simplement j’effectue mon École de Recrue, vous savez, le club med version militaire. Et oui, déjà trois semaines de faits. Et c’est pas finis ! encore douze semaines. Un aperçu : 5h.30 lever, 6h.00 déjeuner, 6h.30 rangement des cantonnements, 6h.45 être dehors pour l’appel, 7h.00 l’appel, puis exercices divers, 12h.00 dîner, 12h.50 se mettre en colonne de deux, 13h.00 divers exercices, 18h.00 souper, 18h.30 rangement des cantonnements, 18h.45 l’appel, 19h.00 l’appel, ensuite théorie, 20h.00 sortie (pour une journée normal, qui n’arrive jamais. Donc, on court tout le temps pour attendre et on se couche pas avant 23h.00). Mais bon, c’est l’armée. Ce qui est vraiment pénible, c’est qu’on est que 11 romands sur 140 suisses-allemands et que plus du 3/4 des instructions est en suisse-allemand. Heureusement, on est une bonne équipe de romands.

Passons à autre chose.

Et oui, je suis gay. Alors, j’ai bientôt 20 ans et toutes mes dents (pour l’instant), cheveux bruns foncés, yeux bleus-verts avec une pointe de bruns (vous me croyez pas ! Alors venez une fois a une soirée de Vogay, après mon armée), pour le reste, il faudra me voir...

Pour ma part, mes doutes sur mon homosexualité sont apparus vers 16-17 ans. je n’ai jamais eu de relation sexuelle avec des filles. La première fois c’était a 17 ans (avec un mec évidemment). j’ai d’abord rejeté ce sentiment, mais à 19 ans (entre temps j’ai pas chômé au niveau cul) j’ai eu ma première relation amoureuse. Ça pas duré longtemps, 3 mois. le mec avec qui j’étais, était plus âgé que moi. Et je me suis rendu compte que finalement je n’était pas amoureux de lui, mais que je le considérais comme une très bon copain. En fait, j’avais tellement besoin de tendresse qu’au départ je me suis lancé dans ces bras. Mais j’ai pas réfléchi aux vrais sentiments que j’avais envers lui. Voilà ! Et c’est depuis là, que je suis sûre de mon homosexualité.

Suite à ça, j’ai mis ma sœur au courant.(Elle et moi, on fait qu’un, même si on s’engueule parfois). Elle a été étonné au départ, mais elle l’a bien pris. Et puis, ça m’a permis d’en parler avec elle et aussi de répondre à ces questions (bien tordues des fois). Suite à la séparation de mon ancien copain, je suis devenu à nouveau célibataire. je m’étais dis ; maintenant je n’ai pas l’intention de recommencer une relation durable. Tu parles, un mois après, j’ai rencontre un mec grâce à une connaissance commune. Et là, je dois dire que je pouvais pas résister. Et oui, l’amour avec un "A" grand comme le monde ! Ça fait bientôt deux mois que ça dur, et j’ai bien l’intention que ça continue encore longtemps. Hin chouchou ?

Et puis, y a un truc que j’ai pas encore abordé. Les parents. Important, et parfois on s’en passerai bien.

Et bien c’est simple ; Je leur ai expliqué mon homosexualité avant de partir à l’armée (une semaine avant). Je vous garanti que trouver la façon de le dire et le moment ça pas été évident. Mais bon, faut bien le faire, parce que sinon on ne vie pas bien dans sa peau. L’idée que j’ai eu, C’était gonflé quand même. Bon, D’abords, j’ai écris une lettre en leur expliquant mes doutes, mes certitudes et mettant que c’est ma nature, quand un enfant naît handicapé on doit l’accepter, c’est pas toujours facile mais c’est la nature et ainsi que d’autres exemples. Mais surtout, dîtes que vous êtes reconnaissant de ce qu’ils ont fait pour vous, qu’ils ne se sentent pas coupables, c’est pas de leurs fautes, c’est tout simplement la nature. Et quelques choses de très important, n’ayez pas peur d’écrire, de dire que vous les aimer très fort au font de vous. Vous verrez, ils l’accepteront. Bon, soyez pas trop gourmand aussi, c’est pas évident pour les parents. Mais le temps passe et ça permet de prendre du recul pour eu et de relativiser tout ça. Pour moi, ils l’ont bien pris. Donc, avec tous ça vous avez écris votre lettre. Maintenant, ils doivent la lire, mais comment faire ; tes parents on une voiture sûrement, alors glisse ta lettre devant le volant un jour ou toi tu pars avant eux et arranges-toi pour arriver après eux le soir (genre une heure après leur retour). Comme ça, ça leur permet d’en discuter et d’aplanir le tout. Y a toujours un des parents qui saura résonner l’autre. Et ensuite de toute manière, lorsque tu rentreras ils te poseront des questions. Reste calme et réponds-y. En tout cas avec cette solution, dés que la lettre est mise dans la voiture, et que t’es loin au boulot, on peut plus revenir en arrière. Radicale et efficace quand on hésite à leur dire. je l’avoue c’est un peu suicidaire mais c’est honnête.

Sinon parles-en avec un de tes parents le plus ouvert. Mais, surtout, RESTE CALME devant eux.

Félicitation, si ta tenu le coup jusqu’ici. Quand j’écris, c’est toujours le roman. Alors tout de bon pour la suite et n’oublie pas, tu n’es pas seul. Si jamais tu serais un peu étourdi il existe une association, tu sais, Vogay, ils sont tous très sympa, tu verras.

PS : Et l’équipe de Vogay, si vous faites une sortie le samedi soir, vous me le dites ?. Merci bien !

Allez, je peux vous le dire qui je suis. j’pense que vous avez une idée déjà. C’est François !

Si jamais j’ai un natel. Demandez le numéro à un certain gars du groupe de jeune de Vogay. Il est Sympa, pas très grand mais pas petit, cheveu foncé et de lunette comme moi.

Vous savez, son prénom commence par "M" et fini par "c". Si vous trouvez pas, je sais pas ce qu’il faut faire.

encore un PS : Vous êtes pas obligé de le laisser sur le site (mon roman).

A+ et Gros bec à toute l’équipe.


Le témoignage de Sylvie

17.12.2002

C’est impressionnant comme tout change !

Lorsque je lis des témoignages de personnes découvrant "avec horreur" leur différence et donnant l’impression d’être frappées d’une malédiction terrible, j’ai de la peine à imaginer que j’ai pu moi-même ressentir des choses semblables... J’ai 25 ans à présent et j’ai une copine depuis environ deux mois et demi. Cela fait peut-être trois-quatre ans que j’ai commencé à me poser des questions quant à mon orientation. J’avais eu quelques copains avant, mais "c’était pas vraiment ça".

A un moment, sans doute aussi grâce au coming out de mon meilleur ami, je me suis dit : et si tu étais lesbienne ?

A suivi une longue période de doutes, de culpabilité et d’incertitude, où je passais du "mais bien sûr, tu l’es !" au "Non ! tu te fais des idées !" J’essayais d’analyser mes moindres réactions pour pouvoir trancher si "oui ou non"... En fait, je me rendais compte que quand je me disais "je suis lesbienne", c’était difficile et ça me faisais un peu peur, mais que j’avais l’impression que cela donnait un sens à mon vécu, une "cohérence" à mon identité.

Et puis je suis tombée amoureuse, d’une hétéro "bien évidemment", mais ça a eu l’avantage de me clarifier et aussi de faire ma première déclaration à une fille... (je vous dis pas le trac !)

Depuis, je me suis mise à rencontrer d’autres gays et lesbiennes (ça fait du bien de constater que l’on n’est pas tout seul et permet de démystifier pas mal de choses...), j’en ai parlé à une partie de ma famille (un peu "secoués", mais réactions assez bonnes) et à la plupart de mes amis (très bonne réaction). Ca devient de plus en plus "évident" pour moi (nous ne nous cachons pas, mon amie et moi), même si j’attends encore un peu pour le dire au reste de ma famille.

Je sais bien que l’homosexualité (et le bisexualité,etc) pose encore des problèmes à certains (autant aux homos qu’aux hétéros), mais cela me deviens de plus en plus "incompréhensible". Finalement, ce sont juste deux femmes (ou deux hommes) qui s’aiment... Pourquoi en faire toute une histoire ?


Le témoignage de Steve

25.09.2002

En juillet 2000, j’avais vu sur Internet qu’il existait un groupe de jeunes à VoGay. J’avais alors 21 ans. Mon coming out était consommé depuis deux ans, mais je n’avais rencontré que deux gays de ma vie entière et il ne s’était rien passé entre nous. Le "milieu" m’était totalement inconnu et je crevais de peur... Envie d’y aller, peur de ce que je trouverais derrière la porte du local... je me tâtais... à tel point que je n’ai finalement mis les pieds au groupe que fin août avec un autre novice dont j’avais fait la connaissance sur un chat. Y aller avec quelqu’un que j’allais rencontrer avant me rassurait. Dans le pire des cas, me disais-je, je pourrais rester avec lui et aurais quelqu’un à qui parler, car, pour moi, rien de pire que de devoir rester dans son coin alors que les autres se connaissent entre eux et bavardent... gaiement.

Angoisse avant d’entrer... déjà qu’il avait fallu faire trois fois le tour du pâté de maisons pour trouver l’entrée, ça commençait bien... Au moins, personne ne me verrait entrer, me disais-je, puisque même quand on cherche l’endroit on ne le trouve pas (c’était du temps du local à l’av. des Oiseaux) ! Finalement, l’entrée... Oh, ils n’ont pas des yeux injectés de sang et des soquettes roses... ça alors ! Des gens comme toi et moi. Des gens sympas, avec qui tu as tout de suite des affinités, des gens vers qui tu te sens moins attiré... comme partout ! C’était une soirée repas, donc ambiance conviviale... je préférais ça pour une première parce qu’on n’a pas forcément envie de parler devant des inconnus tous les jours. Cerise sur le gâteau : je reconnais parmi les jeunes qui sont là une connaissance d’enfance... finalement, le monde est petit, et je commence déjà à me sentir mieux, à voir que non seulement je ne suis pas seul, ce que je savais déjà, mais qu’en plus, je côtoie et j’avais côtoyé plein de gens comme moi sans le savoir.

En résumé, tout s’est bien passé. J’y suis retourné pendant quelque temps et ça m’a permis de mieux m’affirmer encore, même si je n’étais pas mal dans ma peau à ce moment-là, mais surtout, grâce au groupe, j’ai pu petit à petit me faire mes premiers amis gays et mes premiers pas dans les soirées. Pour certains, le groupe peut être un lieu où trouver du courage pour affronter son coming out, pour d’autres, ce sera un lieu où ils partageront des expériences, pour d’autre encore, ce sera un lieu où rencontrer d’autres jeunes en toute décontraction, et pour beaucoup ce sera l’occasion d’apprivoiser ce "milieu" qui fait tant peur quand on ne le connaît que par ouï-dire. En somme, le groupe de jeunes est un lieu où il peut être agréable de se retrouver entre amis, un lieu où l’on peut se faire des amis, un lieu d’où essaimer pour se faire des amis... qui a dit un lieu indispensable ?


Le témoignage d’Abdoulaye

01.01.2002

Hello tout le monde,

J’ai 23 ans je suis étudiant et cela fait plus ou moins 6 mois que je fréquente le groupe.

Je ne vais pas tenir de discours psycho-métaphysiques pour le décrire car j’en suis tout bonnement incapable...

Contrairement à beaucoup d’autres jeunes qui ont laissé leur témoignage sur cette page, le groupe des jeunes gays ne m’a pas aidé à mieux m’accepter,car le boulot était déjà fait depuis un moment lorsque je m’y suis rendu pour la première fois. Par contre il est vrai qu’un certain nombre de jeunes ont réussi à s’accepter et à faire leur coming out après être venus à Vogay (c’est magiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique !!)

Qu’est-ce qui donc m’a poussé à y aller ?

Disons que j’avais envie de rencontrer d’autres jeunes gays et que, pour cela, les différents chats (bien qu’ils aient une utilité certaine) n’étaient pas forcément un moyen assez direct.

Pour moi, l’envie de connaître d’autres gays correspond à rencontrer des personnes qui ont un point commun avec moi, ce serait donc, par exemple, comme faire la connaissance d’autres fans de mon groupe de rock préféré.

Ce qui est agréable dans le groupe de jeunes c’est justement qu’il n’est pas question de drague, Vogay n’étant pas une agence matrimoniale ; j’ai donc été étonné de lire le témoignage de "l’anonyme".

C’est un groupe d’amis, tout le monde finit par connaître tout le monde et ça c’est chouette.

Après coup je me suis rendu compte que le fait de vouloir rencontrer d’autres jeunes gays n’était pas une envie de ma part mais un véritable besoin, ça m’a apporté beucoup comme chaque nouvelle amitié d’ailleurs.

Ainsi, s’il n’a pas été le "sponsor officiel" de mon coming out car cela avait été fait avant que je vienne au groupe), à Vogay j’ai eu l’occasion de rencontrer de nouveaux amis, et ça c’est plutôt pas mal,non ?

@+ ! Abdoulaye


Le témoignage d’Annick

01.01.2002

La vie n’est que l’ombre de nous-même !

La mort n’est que le recommencement de la vie !

L’amour véritable n’est que deux âmes qui s’aiment peu importe leur sexe !!!

Je m’appelle Annick et peut-être que tu m’as déjà vue !Je participe au livre à visage découvert ! ou 30 jeunes homo filles et garçon racontent leur coming out ! Ma vie c’est ouverte le jour ou j’ai enfin avoué ma préférence sexuelle !!!Une révélation total !!!

Tout mes proches sont au courant et tout les gens que je connais ! je m’assume à 100%,mais avant cela j’étais renfermée triste et fade !!!

Ça n’a pas été de tout repos de d’affirmer, des années de solitudes intérieur ! Pensez surtout à votre bonheur laissez votre peur des autres derrière !Ils ne sont pas si méchants !Il faut vivre comme dans nos rêves les plus foux, les plus vrai !!!


Le témoignage de Burkhard

01.01.2002

Devinez combien je vous aime, mes parents.

Bien que vous n’allez jamais lire ces lignes, je dois les écrire.

Bien que vous n’allez jamais mettre un click sur cette page, sachez que je vous dois du plus profond de mon cœur une grâce indéfinissable. Sachez que vous avez tout fait pour mon meilleur et que c’est maintenant le moment de me faire confiance. Je ne vous trahis pas. Je ne vous abandonne pas. Vous vivez en moi et tout ce que vous m’avez donné jaillit à travers moi. Nous sommes au point de devoir vivre avec ce que je n’arrive plus à nier. Vous êtes parents de tout votre esprit et de tous vos sentiments, et s’il vous plaît : Restez mes parents maintenant et ne me rejetez pas.

Mais il me semble que je dois écrire tout ça aussi pour vous tous qui êtes au point de sortir de votre cage.

Alors vous les jeunes dans cette phase de doute, pensez toujours aux conséquences. Soyez prudents avec vos mots, une fois sorti on n’arrive pas vraiment à les capter ; comme un oiseau qui a pris la fuite, ce qui est dit est dit.

Est-ce une rupture, une pause de communication, une déchirure irréparable ? Ou est-ce que tout ça va s’arranger un jour, une fois que le choc a passé et on se parlera de nouveau ?

J’aurais dû le savoir. Je l’ai toujours senti et pourtant : Dans mes moments de tristesses, de doutes, de regrets, de honte, de ne plus savoir où aller je ne voulais plus être seul. Je voulais partager avec mes parents ce que je ressens. Je voulais partager mes doutes mes peurs et mes pleurs avec mes parents. Je me suis rappelé de leur invitation de toujours pouvoir parler de tout avec eux. Mais ça s’est mal tourné. Pendant de longs mois j’ai cherché des réponses où je ne connaissais même pas les question. Une question a pris beaucoup de place :

POURQUOI ? POURQUOI MOI ? QUI EN EST RESPONSABLE ?

Au pire moment j’ai commencé de dire que j’allais mal, pas plus. Mes parents étaient inquiet, mais ils ne se doutaient de rien. Et j’ai continué, j’ai dit de ne jamais avoir été vraiment heureux, une remarque qu’ils n’ont pas pu comprendre justement parce qu’ils ont tout fait et tout donné pour moi. Cette reproche n’était pas réfléchie et c’était une des grandes fautes que j’ai commises au fil des dernières 2 années. Et c’est là que j’ai sorti cette chose que je connaissais si peu. "Votre fils est pédé". Mes mots étaient mal choisis, par la suite je les ai injurié, je leur ai donné la responsabilité pour ce que je ne comprenais pas. Il n’arrivaient plus à rien dire. Je les ai choqué avec mes attitudes et encore plus avec les injures qui étaient comme des gifles. On n’en parlait plus. Rien dire est parfois pire que le disputer.

Par la suite un silence trompeur et pesant. J’ai fait recours à différentes personnes, professionnelles ou pas pour me trouver un chemin, mais personne ne m’a vraiment aidé, personne n’a fait le choix pour moi. C’est bien à moi de décider si je me lance dans la découverte de moi ou non ; et je ne voulais pas, parce que je craignais les conséquences.

J’ai eu une copine pour 9 mois et j’ai vécus ce temps dans l’amour pour elle, dans la grâce du don de son amour. Pour mes parents c’était un point final sous cette histoire et tout semblait aller de mieux en mieux. Je suis de nouveau "leur enfant" comme ils le connaissent. Mais j’ai vécu aussi dans mes angoisses et mes doutes. J’ai partagé avec ma copine mes doutes et elle m’a était comme un point d’ancrage qui me permettait de prendre souffle, qui me permettait de savoir qu’il y a une raison de vivre. De tout ça, mes parents n’ont jamais rien remarqué. J’ai trop bien appris à jouer le rôle que tout le monde a prévu pour moi.

Au bout des mois et des mois les choses semblaient se résoudre. Quant à moi intérieurement, je me disais de plus en plus que je n’arrive plus à cacher mon amour pour les garçons et que c’est injuste pour ma copine de continuer dans notre relation. Elle m’a toujours soutenu, grâce à elle j’ai pu superposer mes différents mondes dans lesquelles je vivais. Internet seul est tellement pauvre, ce qu’il faut pour vivre sont des personnes et non des images sur un ordinateur. Alors nous nous sommes séparés pour vivre une autre amitié. Et mes parents ne se doutaient toujours de rien. Plus de 2 mois après venait alors le temps de leur annoncé que nous ne sommes plus ensemble comme avant, que nous ne sommes plus sur la voie d’une vie en couple.

Depuis un certain temps j’ai déjà fait mes premiers pas de cette vie que je ne connaissais pas, qui me fascine tellement et que je veux mieux connaître pour savoir si je m’y retrouve ou non. Le décalage entre ce que je vivais à l’intérieur par rapport à l’extérieur était trop grand. J’ai eu tellement le désir de leur en parler que finalement je l’ai fait . Et c’était l’enfer. Je n’en veux pas (plus) à mes parents, ils ne peuvent pas me comprendre car l’homosexualité et d’autant plus la bisexualité leur est trop étrange. Après tout, je l’aurais du savoir avant.

Je ne peux pas leur en vouloir qu’ils rejettent tout ce qui semble être gay, pédé, homosexuel. Un jour peut-être je vais arriver au point de comprendre qu’ils font une séparation entre le rejet de l’homosexualité et mon mode de vie d’une part mais que d’autre part ils m’aiment toujours - mais pour le moment, ça revient au même pour moi. Je me sens abandonné (ce que je ne suis pas, comme je le sais maintenant).

La seule lumière au bout du tunnel était la fuite. Mais fuir pour se retrouver sur la rue, casser ma vie en me jetant dans des situations que je ne serais pas prêt à affronter ?

Me pondre ou prendre du poison ? Non, étant chrétien je sais que Dieu a un projet avec chacun de ses enfants et comme ça je n’aide personne. Et pourtant la solution n’était pas loin : je partirai pour 8 mois d’échange à Lausanne, cette ville où j’ai déjà vécu il y a 3 ans. Lausanne est devenu pour moi une cible, une justification pourquoi j’ai tellement travaillé pour réussir mes examens de médecine. Il y a là le projet de vivre comme je suis. Ce qui est pour moi une libération est pour mes parents incompréhensible : comment je peux me jeter de libre esprit dans une vie homo et pourquoi dois-je aller à Lausanne pour le faire ?

Ben, me voilà depuis 3 semaines. J’ai quitté la maison sans savoir si je rentre pour Noël. Nous nous sommes dit de mieux ne pas téléphoner entretemps. Mais j’ai l’impression que ça bouge quand même car nous avons déjà téléphoné : court et prudemment mais au moins ça.

Pourquoi je vous écrit tout ça ? Eh bien pour en témoigner. Pour vous donner des idées comment ça peut se dérouler et pour mieux vous faire comprendre ce que j’ai senti quand je suis venu au groupe de jeunes de Vogay.

Je connais le site internet depuis des mois. J’ai lu tous les autres témoignages. Je me suis toujours dit d’absolument y aller une fois que je suis à Lausanne. Maintenant que je suis ici, j’ai été pris de nouveau dans mes doutes... ’Non ce n’est rien pour toi. Reste fort et tu pourras vivre comme tout le monde’. J’ai passé plusieurs fois par l’Avenue des Oiseaux sans jamais regarder la plaque sur l’entrée. Mais quand même j’ai pris la décision d’y aller. Il est vendredi soir, j’y vais, mais je n’y entre pas. A travers la vitre je vois quelqu’un travailler devant son ordinateur. Dans la salle à côté une vingtaine de gars qui sont assis autour de quelques tables et qui s’amusent apparemment. Je continue mon chemin comme si je me promenais que par hasard là-haut (ce qui est difficile à croire si vous connaissez où c’est, on n’y va pas par hasard). Je rencontre un autre qui hésite, qui est d’abord de l’autre côté de la rue, puis est assis sur un rebord de mur. En passent je n’ose pas le regarder, sûrement il devine ce que je cherche (je ne me doutais pas de ce que lui cherchait). Je fais les cent pas et je cherche une cabine de téléphone loin de là. Je téléphone à ma copine en Allemagne, qui est devenu mon meilleur copain depuis notre séparation. Elle me range un peu la tête : "Tu as toujours parlé d’y aller (ce qui est vrai), alors vas-y. Tu n’as rien à perdre. Au cas où tu ne veux pas, tu ne rencontreras plus jamais personne d’eux." - Je lui promets d’y aller.

Je rentre dans le bâtiment et je reste dans l’entrée - MUET. J’attends à ce que quelque chose se passe, à ce que quelqu’un vienne me chercher - RIEN.

Alors je sors de nouveau. De nouveau je regarde par la fenêtre et je vois tous ces pédés dont moi je ne fais bien-sûr pas parti (c’est si facile de se mentir). Le mot sale me vient dans la tête, anormal, mal tourné... Je finis quand-même par entrer encore une fois, le cœur battent jusqu’à la gorge.

Cette porte devrait alors être "l’entrée au monde gay" ?!? Je n’y crois pas. Je n’ai presque pas franchi le seuil et je regarde, fasciné. Mais qu’est-ce qu’il y a de différent ? Je ne sais pas, vraisemblablement rien, sauf peut-être les affiches pour les boites homo et la Gay Pride. Il y a quelqu’un qui prépare une salade, un autre qui est à côté avec des assiettes. Plus loin dans l’autre pièce je vois d’autres garçons d’une vingtaine d’années. Ils rigolent sur je ne sais quoi, sur moi ? Peu probable. Alors je dis quand même : "Bon soir, qu’est-ce que vous faites ?" (quelle question ! mais je ne savais pas trop quoi dire) - "Nous préparons une salade, elle est bientôt prête. Entre seulement, dans la chambre il y en a encore plus de notre famille"

Quoi ? Famille ? AH NON ! - pas avec mois s’il vous plaît. Je ne me laisse pas prendre si facilement dans..... Une autre question m’arrache de mes réflexions. "En fait, salut, comment t’appelles-tu ? Qu’est-ce que tu cherches ?" - "Je viens juste en passent, et je peux partir tout de suite..." Je reste toujours immobile sur le seuil, prêt à faire demi tour. Puis c’est l’un des deux qui vient vers moi et me tend la main en disant "Je m’appelle Sébastien, et toi ?" Il a réussi. Avec ses 18, 19, 20 (?) ans il m’a craqué, je ne veux plus fuir. Je lui réponds. "Burkhard" - "comment ? jamais entendu" et il essaie de sortir mon prénom mais ça ressemble phonétiquement très peu à mon nom. "Bon, en tout cas : Bienvenu, vas-y, il y a la quelqu’un qui vient de la Suisse Allemande, tu peux t’assoir à côté de lui, il veut aussi parler l’Allemand."

Alors ça, c’était "ma première fois". Quelque chose de spécial ? NON ! Un repas sympas avec des gens sympas.

Est-ce que ça valait la peine de me faire tellement de soucis, d’en avoir tellement peur ? NON, pas du tout. Et d’ailleurs, en écrivant ces lignes je ressens toujours cette peur.

Alors si ça a été si simple, pourquoi je ne suis pas y allé il y a 3 ans déjà ? Lors de mon dernier séjour à Lausanne, Vogay venait de naître. La réponse est tout simplement : je n’y était pas prêt. Ce temps-là je n’osais même pas penser à ce mot "pédé" et encore moins faire quelque chose en cette direction.

Et alors, au cours de la soirée j’apprends que sur ces 20 personnes, 6 sont venus pour la première fois, plus ou moins avec les mêmes doutes que mois. Chacun a connu d’une façon ou d’une autre ce moment d’hésitation, de doute, de peur. Pour la première fois, je ne suis pas obligé de jouer mon rôle hétéro. Au contraire bien plus vite que je ne voulais je suis pris comme "un de nous". Oui, je ne veux toujours pas accepter ce qui semble être si évident.

Il y a quand même une sorte de jalousie quand je voie les couples s’embrasser, se caresser. A la fois ça me parait si étrange et aussi si naturel. A la fois injuste et pourtant tout à fait ce que j’aimerais vivre moi aussi.

En plus en face de moi, il y a un autre étudiant de médecine qui lui aussi est venu pour la première fois. La possibilité de pouvoir parler avec lui, de trouver en lui une sorte de complice dans le quotidien de l’université, c’est quelque chose de tellement libérateur, que j’ai des problèmes à bien le décrire.

Déjà chez moi en Allemagne j’ai raconté à deux trois bon(ne)s ami(e)s de l’autre côté de ma vie. Ils l’ont tous bien pris, mais ils ne pouvaient pas plus que l’entendre et l’accepter. Prendre part à mes sentiments à mon état d’âme ne peut que quelqu’un qui a vécu ce désert avant de rencontrer d’autres.

Que ce soit maintenant mon avenir gay ou juste un bout de vie - peu importe. Je me pose tout simplement la question, pourquoi j’ai tellement hésité. J’ai 26 ans et la vie est bien devant moi, mais en même temps j’ai le sentiment avoir manqué quelque chose d’important. Je m’aperçois différemment maintenant, plus ouvert, plus heureux, enfin je peux commencer de vraiment être moi-même.

Petit à petit j’arrive à enlever tous ces faux-jugement que j’ai appris sur l’homosexualité pendant ma vie. J’arrive à faire une sorte de démystification, j’essaie de voir les choses le moins tendu possible.

Alors vous tous, qui avez lu mon histoire, n’hésitez pas trop. La vie est trop courte pour ne pas être vécue. Et on ne vit que si on est vraiment soi-même. Prenez votre vie en main et ne laissez pas vous guidé par ce qu’ON fait NORMALEMENT.

Je ne peux que vous conseiller de venir. Et si vous ne vous sentez pas prêts, rien ne vous oblige de venir.

C’est toi qui gères ta vie, c’est toi seul qui en est responsable.

Tout de bon

Burkhard.


Le témoignage d’Eric

01.01.2002

Hello !

Voici un petit témoignage personnel :

C’est une longue histoire, donc je vais abréger.

... J’ai découvert Vogay exactement le jour de la Pride ’99 à Fribourg. C’est un pur hasard, on est venu ce vendredi là avec mon ami et l’on a rencontré ceux qui n’y étaient pas (à la Pride).

J’ai mis 25 ans à pouvoir trouver les forces nécessaires à faire mon "coming-out". C’est long. Très très long. Depuis toujours je n’ai jamais eu d’attirance pour les filles. J’ai toujours regardé furtivement les autres garçons qui me plaisaient. Mais difficile il y a 10 ans de se faire une petite place sans se faire traiter de pédale ! Maintenant c’est plus facile.

AVANT je n’étais pas heureux. Je vivais en attendant tous les jours le courage, une âme frère avec qui partager mes sentiments. Je voulais être un autre moi, celui que je refoulais, celui qui m’empêchait de dormir...

... J’ai donc emménagé et commencé à travailler en 1998. J’ai aussi installé internet et commencé à surfer sur des sites érotiques, chatté sur IRC et faire les premières rencontres. La première personne sérieuse que j’ai rencontrée, c’était un mec bien. On a beaucoup discuté, il m’a tout doucement introduit dans le milieu et ne m’a jamais dragué (d’ailleurs ce n’était pas mon type)...

On est maintenant de très bons amis. Il court toujours de rencontre en rencontre... et il est heureux.

Petit à petit j’ai fait mon bout de chemin, je suis allé de plus en plus en boîte (Prétexte à Genève) où j’ai pu faire l’apprentissage de la drague entre mecs et du milieu qui va avec. J’ai connu des soirées très sympa et contrairement à mes craintes, c’était assez tranquille et je ne me suis pas fait violer dans les WC !

Je me suis introduit, petit à petit, dans la communauté gaie de Genève. Rencontres, bars, amis communs, etc., et découvert des gens avec qui j’avais plein d’affinités (en tout cas plus qu’avec mes amis hétéros).

Depuis, je me sens BEAUCOUP mieux. J’ai plus confiance en moi. Je m’extériorise et mon côté introverti je le garde pour moi. Je n’ai plus peur de regarder un homme dans les yeux ni de reconnaître mon homosexualité si on me le demande (c’est assez rare).

... Ma plus grande surprise a été la tolérance et la facilité avec laquelle j’ai pu en parler, être accepté par mes amis et mes proches (famille à l’étranger à part, qui n’est pas au courant). Personne ne l’a mal pris ou ne m’a fait la moindre remarque négative. Je n’ai eu que des compliments pour avoir fait mon choix et surtout de m’accepter tel que je suis.

...Je suis maintenant avec mon ami depuis presque une année. Ce n’est pas toujours facile, mais la vie commune est un apprentissage de tous les jours et pour tous les deux ! Je ne m’attendais pas à ce que cela m’arrive si vite. Notre rencontre est un hasard, mais c’est tellement beau !

Nous partageons notre vie et ses bons (très souvent) et moins bons moments (rares). Nous grandissons et nous aimons de plus en plus. Cela demande des sacrifices, et des concessions, mais les satisfactions sont au bout du chemin. Le bonheur a un prix et cela en vaut la peine !!!

Construire une relation c’est un apprentissage, cela s’apprend sur le moment. Il ne faut pas s’attendre à trouver le grand amour tout de suite, ni à ce que cela "fonctionne" tout de suite bien. Il faut accepter l’autre et s’accepter soi-mêmes avec ses défauts et ses qualités.

J’espère avoir été utile et éveillé en toi ton courage (si nécessaire) pour faire le pas vers ta "vraie" vie, celle qui vaut la peine d’être vécue. N’attend plus, la vie est trop courte pour la vivre triste.

Eric

Post-scriptum : ... Mon souhait est alors de voir s’éclore d’autres personnes qui attendent de fleurir et de vivre enfin comme il le ressentent. Il ne faut pas avoir honte, ni peur de quoi que ce soit. Nous vivons dans un pays où nous avons la chance de pouvoir nous épanouir pleinement, à condition de le vouloir. N’hésitez pas à recourir à tous les services, organisations, associations qui sont en place pour vous conseiller, vous accueillir et vous aider à vous réaliser, vous et votre entourage, si nécessaire.

"Don’t Worry, Be Happy, Express, Protect (!!!) and Be Yourself !"


Le témoignage de Felix

01.01.2002

L’histoire de mon "coming out" est, en fait, l’histoire de mon acceptation. Tel que je suis.

Il y a pas mal de temps (j’avais environ 15 ans) que je le sais, en regardant dans les vestiaires mes collègues de classe tout nus en train de changer leur caleçon. Et dans les revues pornos que mes collègues me montraient, je regardais toujours les photos avec des mecs aussi. Je n’arrivais pas à m’expliquer pourquoi je le faisais et si c’était normal où pas.

Quand j’ai fini mon gymnase, à 18 ans, je n’avais pas encore de copine. C’était grave. J’ai commencé à me poser des questions, à lire tous les livres sur la vie sexuelle pour trouver une explication. Mes amis me disaient que j’étais trop timide. Peut-être c’était vrai, je ne sais pas. Mais moi, je soupçonnais une autre raison. J’étais homosexuel. Oui, homosexuel. J’en étais sûr.

Mais attends !... HOMOSEXUEL ? Quelle horreur ! J’étais malade. Gravement malade et je devais me soigner. Comment ? COMMENT ? En tombant amoureux d’une fille. Mais ouiiii. C’était simple. Je devais trouver une fille avec qui partager une nuit d’amour. Je me suis dit que, en devenant étudiant dans une très grande ville, il serait plus facile de commencer une vie sexuelle normale (avec de filles, bien sûr). Mais rien ne s’est passé. C’était la période la plus difficile de ma vie. Convaincu d’être malade et incapable de me guérir. J’ai essayé de parler avec mes copains et copines, en faisant des subtiles allusions, mais toujours les mêmes réactions : "Les pédés ? - Tous des malades !".

Internet, Merci à ceux qui l’ont inventé, m’a aidé à trouver d’autres explications pour mon homosexualité. D’autres opinions.

D’autres voix. J’étais homosexuel. Oui. Mais pas malade !

Bon, mais alors, comment convaincre les gens de ton entourage que toi tu n’es pas malade, que tu n’es pas schizophrène (le diagnostique le plus souvent donné pour les jeunes avec de "troubles des sexualité") ? J’ai choisi de contourner le problème. Quitter le pays. C’était facile de trouver des raisons à donner aux autres : un salaire plus grand, une vie décente, le mirage de l’Ouest bla bla bla... Mais moi je le savais. Je quittais le pays pour vivre tranquille.

Et, pourquoi pas, heureux. Je suis arrivé ici à Lausanne. Et je suis content.

P.S. : Ce petit témoignage est dédié a un ancien collègue de gymnase qui s’est suicidé, il y a trois ans, en se jetant par la fenêtre. Une année plus tard j’ai découvert que, parmi les autres problèmes qu’il avait, il était homosexuel et qu’il n’arrivait pas à s’accepter. Je n’étais pas tout seul dans les vestiaires. :-(

Felix


Le témoignage de Massimo

01.01.2002

Holala... Je suis trop gentil, je vous dit, faut pas mette sur le site "pour nous aider à continuer la page"... c pas un truc auquel j’arrive a résister...lol J’aime aider, alors voila, je vai faire un effort pour vous (et pour moi)... J’ai 16 ans depuis octobre, c court on dira, pourtant j’ai l’impression d’avoir vécut bcp de chose (pas géniales, mais bon)... Oui, moi y’en a etre Gay... Hoala !! Quel mot ! et dire que ya pas si longtemps je me disais encore : "Moi homo ? jamais ! c dégoutant, c pas normal, c une maladie....

He, ca me fais rire today, j’ai pris conscience des choses, je me suis avoué moi-même...

Aujourd’hui, ca va mieux, je prend plus gout a la vie... Pourtant, même si j’ai déjà vécut en couple, j’ai toujours l’impression de me sentir seul...

Seul, oui,...chaque soir, je suis a deux doigts de tout mettre sur le tapis face à mes parents, mais a chaque fois je pense à leur réaction, ca va etre la catastrophe... Mon dieu, leur fils est homo...homosexuel ? Mais c’est terrible, faut le guérir, faut lui remettre le idees en place !!!

Voila ce qu’ils diraient, j’en suis sur... Pourtant je peux pas leur cacher toute ma vie !!!

Leur raconter l’histoire de ma "découverte"... en fait elle a été plutôt simple... Quand j’étais petit déjà, je voulais ressembler aux grands de l’école, je voulais être comme eux.

Puis, j’ai commencé à trouver les garçons "superbes"... et plus je grandissait, plus j’avais peur.

Je suis arrivé à un point ou j’essayai par tous les moyens de sortir avec des filles...

Ce qui s’est fait, mais a vite mal tourné... Je me suis pris une claque un jour ou je me suis réveillé (je n’avais plus de copine)... et j’ai hurlé sans réfléchir : J’aime les gars !... Oui c’était dit, c’était la....face a moi, j’avais tout sortit, et plus je repensais a ce que je disais, plus je trouvais que ca sonnait "bien"... et alors j’en ai parlé à mon meilleur ami, il a été surpris, c’est normal, mais il l’a vraiment bien pris (eu un peu peur qu’il en était la cause lol c tout)...

Puis, j’ai fais mon "coming-out" envers mes amis (malheureusement un "faille" a répandu l’info parmi mon CO soit 1400 personne environ lol)... tout allait plutôt bien au co... mais en arrivant au collège j’ai eu quelques changement (je trouvais des injures sur mon pupitre)...

Enfin, mis a part ces quelques anecdotes... Je vai bien, mais il me manque 2 choses...

1. Que mes parents soient au courant...et 2. une autre moitié de moi avec qui s’échanger de l’amour... :-) Enfin, c mon petit truc a moi, mais bon... Pour vogay, hola, j’y ai longtemps réfléchis...

j’y étais même a 2 doigts . J’avais pris le train pour Lausanne, tout s’est bien passé, mais en arrivant à la gare, j’ai été pris d’angoisse et ai pris le train retour direct. Enfin, je ne sais pas si je viendrai un jour, moi et ma timidité, pour l’instant, on est pas pret je crois.

Un truc qui est génial, ce sont les témoignages, on se sent moins seul après... même si ce que des mots.

Tout ce que j’espère c que celui (celle) qui lira p-e ce témoignage y trouvera un peu de réconfort....

C’est clair que c pas facile de faire le parcours du combattant à l’intérieur de soi, mais ca en vaut la peine..... la peine d’etre -re...

Alors aie confiance en toi et courage...

"Massimo"


Le témoignage de Raymond

01.01.2002

Nous sommes vendredi, le 4 février, il est 20h35. La période de préparation psychologique a été trop courte. Et pourtant... Je suis rentre chez moi, après être allé m’acheter un truc a la Migros, histoire de me remplir la panse pour éviter de m’autodigérer a cause de l’angoisse provoquée par la décision que j’ai prise de venir a votre soirée.

Anxieux mais satisfait de ma décision (enfin, il était temps d’essayer de vivre pour de vrai), je mets ma veste (celle que je ne mets plus depuis pas mal de temps, parce que l’autre est encore imprégnée de l’odeur indélicate qui l’a envahie au Poco Loco), enfile mes chaussures, profite de ce que le seul de mes colocataires qui soit encore la prenne une douche pour ne pas avoir a lui donner d’explications, et sort.

Il est alors 19h15. La fraicheur du dehors achevé de me blinder. J’essaie de me convaincre que quoiqu’il arrive, j’en ressortirai vivant, que je n’ai pas a avoir peur, que vous étés la pour que les gens aient confiance en eux, etc. J’atteins l’Avenue des Oiseaux plus tôt que prévu. Je descends l’Avenue. Les numéros défilent également plus vite que je ne l’avais imagine (les plans de ville sont trompeurs).

Ça y est, j’arrive devant les locaux de Vogay. La, erreur, j’ai du me gourer de chemin parce qu’il n’y a pas de porte de ce cote. J’aperçois quelques personnes a l’intérieur. C’est a ce moment que mon angoisse me lâche prise, me libère, non pas par une illumination confiante, mais parce qu’a ce moment j’ai réalise que je n’essaierai pas de trouver l’entrée. L’idée d’être confronte a des personnes vivantes (m’attendais-je a voir des photos parler ?) a été le coup d’assommoir. Merde. Tel l’enfant puni, je fais demi-tour, les oreilles en-bas. J’allume une cigarette pour faire semblant d’exister malgré tout. Je n’essaie pas de retenir mes larmes qui se mettent a couler, alors que je hoche la tête pour me dire que PUTAIN, C’EST PATHÉTIQUE ! Ça fait chier. Enfin bon. Du coup je vais rentrer plus tôt que prévu en Valais, chez papa et maman (que je n’appelle jamais comme ca). Cool. Un jour je serai grand. Je serai un homme.

En fait "mon" malaise actuel provient avant tout de ne connaitre personne, et non plus tellement de l’homosexualité elle-même. J’ai fait le deuil de l’hétéro que j’aurais peut-être voulu être.

Certes. A part ca (ca fait quand même pas mal de bla-bla !), merci pour la brochure "Être soi-même", que j’ai reçu aujourd’hui même (ironie du sort).A défaut d’avoir assiste a la rencontre, la lecture de cette brochure m’a remis du baume au cœur.

Impression a chaud Vendredi, le 3 mars 2000

Les pieds. Voila ce que je recherchais a me faire en venant a Vogay. Essayer de grandir autrement que par le biais de l’introspection. J’aurais pu faire mieux. J’aurais pu prendre la parole (elle était accrochée au mur). Un défi supplémentaire, grandiose, encore plus beau de par son inaccessibilité. Violet. Voila l’ennemi. Cette partie du spectre de la lumière blanche qui est l’expression d’une angoisse démesurée, injustifiée. Cette couleur qui peint le visage terrasse, montre du doigt, en apparence. Bah, je ne demande pas d’avoir dix pieds de plus d’un coup. Disons que j’en ai presque cinq. C’est déjà pas mal. Je suis (tiens, je suis ? O prise de conscience) satisfait. Du pas que m’a permis d’accomplir l’existence de Vogay. Je ne me sens pas aussi léger qu’après ma première communion (non, n’y voyez point d’ironie), mais je suis content d’avoir surmonte "l’épreuve". Effectivement, je n’ai pas eu a faire grand chose. Un examen finalement pas si terrible, avec malgré tout une bonne dose de stress inutile, comme lorsque je vais acheter un traditionnel numéro de Têtu ou de 360°

Raymond


Le témoignage de Thomas

01.01.2002

Bon, je suis allé à VoGay il y a une demi-année et depuis là j’y suis toujours retourné. Chez les jeunes à VoGay c’est toujours super sympa, et tu rencontres beaucoup des gens gentils. De plus tu reçois beaucoup d’informations sur n’importe quel thème. En bref : super super super et ça vaut la peine d’y aller, parce que tu y restes !

J’ai visité beaucoup de groupes de jeunes, aussi dans la suisse alémanique, mais il n’y en a aucun qui était aussi bien et aussi grand que VoGay !

Thomas


5 Messages de forum

  • Avis 18 février 2012 17:34, par Shane

    C’est vraiment super de voir qu’on est pas seul au monde, mais qu’il y en a plein d’autre !!! J’aimerais bien pouvoir venir à Lausanne mais mes parents se douteraient de quelque chose !!Ils ne savent pas que je suis lesbienne, mais je crois qu’ils le pensent. Y aurait-il quelque chose du genre près de Neuchâtel ? Merci à tous

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  • Témoignages 18 février 2012 17:36, par Shane

    J’aimerais pouvoir vivre pleinement mon homosexualité, j’aimerais pouvoir me livrer à une ou plusieurs personnes, voire avec des lesbiennes. Je ne veux pas forcément de relation, c’est clair, je voudrais juste qu’on m’écoute pour une fois ! Merci de votre aide

    Répondre à ce message

    • Témoignages 12 mars 2012 15:46, par Lucielle

      Si jamais j’ai le même souhait ^^ Je ne connais pas d’autres lesbiennes dans mon entourage proche alors c’est assez difficile... Je voudrais bien savoir comment d’autres le vivent.

      cela dit je vois que toi aussi tu as un intérêt pour Shane... Elle est tellement belle !

      Après moi je suis au début de l’acceptation, je pense qu’il me faudra du temps...

      Répondre à ce message

  • Témoignages 7 mai 2012 23:29, par Shields

    Bonjour, merci pour Je me permets de vous laisser cette remarque juste pour vous dire à quel point j’admire votre publication…Bien amicalement.

    parier sur le football

    bonus betclic

    Répondre à ce message

  • Témoignages 29 septembre 2012 08:36, par marine

    Hello, j’apprécie votre sujet de renseignement extrêmement original en informations. Je vous incite à continuer dans cette voie.

    machine a sous

    craps en ligne

    Répondre à ce message


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